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Michel Kafando aux forces vives de la région des Hauts-Bassins: «Il faut savoir faire son autocritique»

Le Président de la Transition, président du Faso, Michel Kafando, et les membres du gouvernement ont séjourné du 17 au 20 février 2015 dans la région des Hauts-Bassins. Après le Conseil des ministres tenu à Samendéni où le président et sa suite ont pu toucher du doigt les réalités des travaux du barrage hydroélectrique qui y est en construction, Michel Kafando, accompagné des autres membres de l’exécutif, a eu une rencontre d’échanges avec les forces vives de la région des Hauts-Bassins le jeudi 19 février 2015 à Bobo-Dioulasso. L’occasion a été belle pour les populations de la région d’exposer au Président leurs préoccupations qui, en retour, a pris des engagements tendant à la satisfaction de celles-ci.
Anciens, jeunes, femmes, travailleurs, opérateurs économiques, notabilités coutumières et religieuses, particuliers et autres sont massivement sortis pour non seulement écouter le Président mais aussi lui fait part de leurs doléances. En un mot, toutes les sensibilités sociales étaient représentées à cette rencontré. Comme cadre, c’est la salle de spectacles de la Maison de la Culture de la ville de Bobo-Dioulasso qui a abrité ce face-à-face.

Le présidium lors des échanges
Le présidium lors des échanges

Parole-parole des populations de la région, Alfred Gouba, gouverneur des Hauts-Bassins a, dans son mot de bienvenue, réitéré la disponibilité de ses protes-voies à soutenir la Transition. Il a aussi loué l’initiative du président de la Transition d’échanger avec les populations à la base car, soutient-il, «ce cadre renforce la gouvernance, puisqu’elle occasionne une réelle proximité entre les gouvernants et les gouvernés».
Dans les échanges, les intervenants, issus des différentes composantes de la population ont dépeint la situation socioéconomique de Bobo-Dioulasso qu’ils ont qualifiée de précaire. Les problèmes de lotissement, la voirie, le chômage, l’insuffisance de fonds de financement des activités des jeunes et des femmes, l’insuffisance d’infrastructures à tous les niveaux sociaux. Le vécu quotidien des Bobolais est, selon eux, dramatique.
Acculée par les problèmes, Bobo-Dioulasso, jadis poumon économique de la Haute Volta, comme l’a d’ailleurs fait remarquer le président Michel Kafando, a perdu sa place qui était la sienne. Et Amina Billa, ministre délégué en charge du Budget, de déplorer la situation économique de la ville: «Bobo-Dioulasso ne cesse de vivre un ralentissement de l’activité économique marqué par la fermeture d’industries avec son cortège de licenciements techniques, la délocalisation de certaines unités industrielles, un fort taux de chômage des jeunes». Ainsi, conclue-t-elle, «Bobo-Dioulasso ne répond plus à son surnom de capitale économique du Burkina Faso».

 Les autorités coutumières et religieuses ont attentivement  pris part aux échanges.
Les autorités coutumières et religieuses ont attentivement pris part aux échanges.

Michel Kafando situe les responsabilités
Si les Bobolais décrient le fait que leur ville a perdu sa place de capitale économique du Pays des Hommes intègres, Michel Kafando n’est pas passé par quatre chemins pour situer les responsabilités de cet état des lieux. «Il faut savoir faire son autocritique» s’est-il adressé aux Bobolais avant de pointer du doigt les élites de la ville: «Si Bobo-Dioulasso a décliné, c’est d’abord par la faute de ses élites, de ses enfants. Cette ville compte plusieurs personnalités qui auraient pu prendre le relai des anciens et faire en sorte qu’elle reste toujours le flambeau du Burkina, tant en matière économique qu’en matière politique, culturelle, sociale. Mais les fils de Bobo-Dioulasso n’ont pas pu lui donner place qui est la sienne».

 Les forces vives de la région des Hauts-Bassins
Les forces vives de la région des Hauts-Bassins

Michel Kafando, le donneur de leçons
Si, pour Michel Kafando, la situation économique «précaire» de Bobo-Dioulasso incombe aux filles et fils de la région, il a tout de même reconnu que cette ville est aussi victime de la démagogie des hommes politiques. Ainsi, s’est-il permis de prodiguer des conseils aux populations de cette partie du Burkina. A l’orée des élections présidentielles, législatives et surtout municipales, le Président du Faso est convaincu que seuls des Hommes capables peuvent sortir cette ville du Burkina de sa situation. D’où ces conseils: «Bobo-Dioulasso doit savoir choisir ceux qui doivent conduire son destin». Fortement acclamé, Michel Kafando poursuit: «Ne vous laissez pas avoir, vous devez choisir des gens qui savent d’abord ce qu’ils sont eux-mêmes, ce qu’ils peuvent et qui savent surtout ce qu’ils peuvent faire pour Bobo-Dioulasso».
Ce que peut la Transition, selon Kafando
Les doléances sont énormes. Le temps est court. Michel Kafando en est conscient. Il ne reste que dix mois environ pour la Transition pour rendre le tablier. Néanmoins, Kafando est sûr d’une chose. Avant de partir, la Transition, de façon particulière, tracera les sillons d’un nouveau départ pour la ville de Sya. «Le peu que nous allons faire sera significatif», a-t-il rassuré ses interlocuteurs. Et ce peu, c’est Amina Billa qui en a eu la charge de le dévoiler.

POLITIQUE Tout le gouvernement était présentCe sont, selon elle, l’exécution des travaux d’aménagement de la voirie urbaine impliquant les avenues Nelson Mandela et Gouverneur Binger, pour un coût de 2 milliards 232 millions 692 mille F CFA, à finaliser dans 6 mois; la finition du barrage de Samandéni au plus tard en 2016, avec un accompagnement financier de 18 milliards 441 millions de F CFA; la construction d’un village artisanal dont les travaux ont été officiellement lancés par le Premier ministre pour un coût de plus de 7 milliards de francs CFA. Aussi, a-t-elle énuméré la location d’immeubles et de matériels en substitution au palais de Justice mis à sac lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014; et un appui financier de 2 milliards de francs CFA à l’hôpital Sourou Sanou de Bobo-Dioulasso. Quant à l’entreprenariat féminin, elle a laissé entendre que 6 milliards sont déjà positionnés par le gouvernement.
Apprécié par les Bobolais, la mise en œuvre de ces projets nécessite une accalmie. C’est pour cela que Michel Kafando a exhortés les populations de cette région à accompagner la Transition.
Cheick Omar TRAORE

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