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Milieu carcéral: le Burkina ne dispose que de 26 prisons sur les 45 qu’il devrait compter

Au cours d’une conférence de presse, le Centre pour la qualité du droit et la justice (CQDJ) a procédé mardi au lancement du «Projet de lutte contre les détentions préventives abusives et de réduction de la surpopulation carcérale». C’était en présence des acteurs de la justice et des représentants de différentes structures associatives intervenant dans ce domaine.

Le présidium de la conférence

Au Burkina Faso, les établissements pénitentiaires connaissent un fort taux de surpopulation carcérale atteignant parfois les 400%, comme c’est le cas à Bobo-Dioulasso. Sur un total de 45 prisons que devrait compter le Burkina, le pays ne dispose que de 26. 45% de personnes incarcérées au Burkina sont toujours en détention préventive. Si bien que le Burkina Faso a été interpellé à plusieurs reprises au niveau international sur les mauvaises conditions de détention.

Le président du CQDJ, Sosthène Ouédraogo

Dans le but d’améliorer les conditions d’accès à la justice pour les personnes qui sont en détention préventive, le CQDJ a procédé au lancement du «Projet de lutte contre les détentions préventives abusives et de réduction de la surpopulation carcérale». Prévu pour durer dix-huit mois, ce projet va concerner les cinq villes du Burkina abritant les prisons les plus surpeuplées que sont Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Fada N’Gourma et Banfora.

Des participants

A travers ce projet, explique le président du CQDJ, Sosthène Ouédraogo, l’association ambitionne de recruter de jeunes diplômés en droit afin de mettre en place une assistance juridique et judiciaire dans les cinq maisons d’arrêt et de correction ciblées. Ceci en vue d’accélérer le traitement et la gestion des dossiers des personnes en détention préventive abusive.

Afin de permettre aux acteurs clés de la justice, aux acteurs de la société civile et des médias d’être mieux outillés sur la thématique des personnes en détention préventive abusive, le projet prévoit trois types d’activités. Il s’agit de cinq ateliers de sensibilisation sur le droit des personnes détenues et plus particulièrement sur le problème de la détention préventive abusive. un monotoring des cas de détention préventive abusive et la mise en place d’une assistance juridique et judiciaire au profit des cas les plus criards sera aussi mené. Enfin, un plaidoyer sera fait auprès de l’Etat pour la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes de détention préventive abusive.

Des acteurs de la justice et des représentants de différentes structures associatives intervenant dans ce domaine

En rappel, le CQDJ s’est engagé dans la promotion et la défense des droits socio-culturels des détenus à travers l’appui en matériel et en renforcement des capacités de la cellule culturelle. En octobre 2016, cent cinquante détenus ont bénéficié d’une assistance juridique. A travers ses activités, l’association envisage de mettre en valeur la nécessité de la réinsertion des détenus, de faire un plaidoyer pour l’humanisation des prisons et de sensibiliser les détenus sur leurs droits.

Madina Belemviré

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