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Les militants paysans de l’ODJ promettent une grève pour la prochaine saison cotonnière si…

Les militants paysans de l’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ) des zones cotonnières SOFITEX, Faso Coton et SOCOMA ont organisé une conférence de presse ce 28 mai 2019 pour faire part de leurs préoccupations à l’opinion. Face aux hommes de média, il s’agissait pour les militants de parler de la crise de la filière coton au Burkina, de faire part de ce qu’ils vivent sur le terrain et d’intimer l’ordre au gouvernement de répondre à leur plateforme revendicative constituée en 34 points, sinon la prochaine campagne cotonnière sera boycottée.

Le présidium lors du point de presse

La crise de la filière coton au Burkina dure depuis un certain temps. Mais pour les conférenciers, «les voies que la SOFITEX et le Gouvernement ont empruntées pour sa résolution ne sont pas rassurantes et font douter de leur bonne foi». En effet s’expliquentils, «face à la dénonciation faite par l’ODJ de la mauvaise qualité des intrants de la campagne 2017-2018, la réaction du gouvernement a consisté à octroyer à la SOFITEX et ses fournisseurs 14 milliards, en lieu et place de sanctionner les fautifs et d’indemniser les paysans victimes».

Gabin Korbéogo, porte-voix du jour de l’ODJ, se rappelle même que leur militant avait été molesté par la police suite à des revendications allant dans l’amélioration des conditions de vie des producteurs. «Le 30 avril 2018, les cotonculteurs de la zone SOFITEX ont transmis au Gouverneur de la région des Hauts-Bassins une plateforme revendicative qui synthétise les préoccupations majeures de la paysannerie en général et des producteurs de coton en particulier. Attendant désespérément la réponse du Gouvernement, plusieurs paysans ont alors courageusement décidé de boycotter la production du coton au profit des céréales. Il n’en fallait pas plus pour que la SOFITEX, soutenue par des autorités judiciaires et policières, des hauts-commissaires et préfets, etc. organise des représailles contre ceux-ci» a-t-il poursuivi. Une situation qui ne tend pas à arranger les choses, de l’avis des militants de l’organisation.

M.Traoré en interview

Aussi, M. Korbéogo a simplement déclaré: «Nous souhaitons un traitement sérieux et diligent de notre plateforme revendicative par le gouvernement parce que jusque-là les autorités ont choisi les tours de passe-passe et l’organisation des foires à longueur de journée pour, dit-on, “relancer la filière”.  Mais peut-on relancer la filière coton au Burkina Faso sans traiter conséquemment les préoccupations des principaux acteurs que sont les producteurs?» s’interroge-t-il.

Au nombre des 34 points de revendications de ces paysans figure le relèvement du prix d’achat du kilogramme de coton à 500 F CFA, la dissolution pure et simple de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina, des unions provinciales de producteurs de coton, et des unions départementales de producteurs de coton. La raison, selon Mohamed Traoré, est que «ils ne défendent pas nos intérêts, ils sont là pour le politique. Ces structures paysannes sont politisées, la quasi-totalité des personnes à la tête de ces structures sont dans le parti au pouvoir et certains même sont dans le bureau politique national du parti au pouvoir» a-t-il déclaré.

Les militants paysans de l’ODJ disent être prêts à aller vers zéro production de coton cette année, si rien n’est fait dans le sens de la satisfaction de leur plateforme.

H Ouédraogo

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