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Mini FESPACO à Vienne: petit à petit, l’événement se fraie son chemin !

Pour la deuxième fois consécutive, les Burkinabè d’Autriche et les amis du Burkina Faso ont participé au mini FESPACO, initié par Irène Hochauer Kpoda, Déléguée au Conseil supérieur des Burkinabè de l’extérieur et responsable de conférences à l’Institut de Vienne pour le dialogue international et la coopération. Placé sous la présidence de l’Ambassadeur Dieudonné Kéré, l’événement qui s’est déroulé les 23 et 24 mars 2019 au siège du Mouvement des jeunes ouvriers autrichiens  (OJAB) à Johannesgasse 8 et dans la salle du ciné Schikaneder située à Margaretenstrasse 24 s’appelle désormais « Mini FESPACOV ».

Vue partielle de l’assistance à la cérémonie d’ouverture

Irène Hochauer Kpoda et son équipe ont tenu le pari de l’organisation pour la deuxième fois consécutive de la fête du cinéma africain à Vienne. Après l’organisation de la première édition qui avait suscité de l’engouement au niveau de la communauté burkinabè et des amis du Burkina Faso, la manifestation est en train de faire petit à petit son chemin. Ce sont au total une douzaine de films longs métrages et de documentaires, dont sept figurent parmi la sélection officielle des films projetés au dernier FESPACO, que les cinéphiles ont pu voir durant les 48 heures. Il s’agit de :

  • Five fingers for Marseilles de Michael Matthews
  • Le fou, le génie et le sage de Maïmouna Ndiaye
  • Keteke de Peter Sedufia
  • Au bout de l’Odyssée, un film documentaire de Protest Productions collective et Aladji Traoré en coopération avec l’association togolaise des expulsés
  • Pas d’or pour Kalsaka de Michel K Zongo
  • Le bonnet de Modibo de Boubakar Diallo
  • La république des corrompus de Salam Zampaligré
  • Kayla de Aber Jackie
  • Femmes migrantes de Kantché – partir ou périr de Arimi Abba Kiari
  • Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin
  • Dakar Trottoirs de Hubert Laba Ndao

Et contrairement à l’édition dernière, l’entrée était cette fois-ci gracieuse. Les organisateurs ont seulement sollicité la générosité des cinéphiles pour soutenir le projet « enfants de la rue de Ouagadougou » que l’OJAB conduit au Burkina Faso depuis plusieurs années.

Irène Hochauer- Kpoda, promotrice du Mini FESPACOV

La cérémonie d’ouverture a été marquée par une présentation du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), faite par la promotrice du mini festival, et le discours de l’Ambassadeur Dieudonné Kéré. Irène Hochauer Kpoda a rappelé que la 26ᵉ édition du FESPACO, édition du cinquantenaire du festival, s’est déroulée du 23 février au 2 mars 2019 à Ouagadougou sous le thème : « Mémoire et avenir des cinémas africains ». Elle a indiqué à l’assistance qu’en cinquante ans, le FESPACO est devenu la plus grande manifestation culturelle d’Afrique qui draine des milliers de professionnels des différents métiers du cinéma et des médias ainsi que de nombreux spectateurs venus des quatre coins du monde. C’est un événement majeur qui fait la fierté des autorités et du peuple burkinabè ainsi que de toute l’Afrique.

Des cinéphiles concentrés sur la première projection

Après avoir fait l’historique du festival, Irène Kpoda a insisté sur son objectif principal qui est de valoriser et de promouvoir les productions cinématographiques africaines, d’une part, et d’autre part, de contribuer à la formation des jeunes aux métiers du cinéma. En effet, comme on le sait, le cinéma au-delà de son caractère ludique est un puissant vecteur d’ouverture vers autrui, d’éducation et de conscientisation des populations africaines. Et l’organisation du mini FESPACO à Vienne vise en outre à faire découvrir différentes facettes de l’Afrique dans sa diversité et sa richesse, en vue de gommer progressivement les stéréotypes qui mettent souvent à mal la compréhension, l’acceptation et le respect mutuels. Il s’agit enfin de susciter auprès des amis du Burkina et de ceux qui ne le connaissent pas encore l’envie de tourner le regard et le cœur vers le pays des Hommes intègres. Irène Hochauer Kpoda a remercié le Délégué général du FESPACO, Ardiouma Soma et les réalisateurs qui ont gracieusement offert leurs films pour la confiance et le soutien qui ont contribué à la tenue effective de cette deuxième édition. Elle a enfin traduit toute sa reconnaissance à l’Ambassadeur Dieudonné Kéré, à l’OJAB et aux radios Orange et Africa pour leur accompagnement.

SEM Kéré se prêtant aux questions des journalistes à l’issue de la cérémonie d’ouverture (2)

L’Ambassadeur Dieudonné Kéré a évoqué certains moments forts du cinquantenaire du festival. Il a indiqué que l’organisation de cette activité à Vienne donne l’occasion de revivre en différé l’ambiance du FESPACO à travers le visionnage de certains films et de partager la culture burkinabè et africaine avec nos frères et amis autrichiens. Le mini FESPACO, a-t-il ajouté, offre en outre l’opportunité de soutenir, à notre manière, l’essor du cinéma africain en tant que moyen d’éducation et de conscientisation au-delà des frontières burkinabè et africaines.

A la faveur de cette deuxième édition, Son Excellence Kéré, qui a annoncé une plus grande implication de l’ambassade dans l’organisation de l’événement, l’a baptisé « Mini FESPACOV ». Comme pour souligner que cette manifestation entend désormais s’enraciner dans la capitale autrichienne pour le bonheur des communautés burkinabè et africaine mais aussi pour les amis du Burkina ainsi que les amoureux du 7ème art. Après avoir réitéré ses félicitations et ses encouragements à la promotrice et à son équipe, il a émis le vœu que les compatriotes puissent vraiment s’approprier l’événement à travers une mobilisation massive.

L’Ambassadeur Kéré prononçant le discours d’ouverture, avec à ses côtés l’interprète

Comme le dit un dicton allemand, « Aller Anfang ist schwer » (tout début est difficile) ! Le mini FESPACOV fait ses premiers pas avec très peu de moyens mais avec la foi et la détermination de ses initiateurs. Ils méritent d’être soutenus et accompagnés dans la poursuite des objectifs que s’est assigné le festival. Et pour que leur foi et leur enthousiasme ne s’émoussent pas, il est certainement nécessaire de s’engager et d’engager les uns et les autres à faire, pour reprendre les termes de Aimé Césaire, « un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir gagné chaque pas » Un pari qui n’est pas impossible à tenir, pour peu que l’ambassade et les membres de la communauté burkinabè le veuillent bien !

On peut déjà être optimiste car pour les responsables de l’ambassade qui ont apporté une contribution appréciable à la tenue de la présente édition, aucun effort ne sera ménagé pour la pérennisation de cet événement qui s’inscrit en droite ligne de l’une de ses missions à savoir, faire connaitre davantage le Burkina Faso à travers la culture dans ses différentes facettes.

Simon YAMEOGO

Attaché, Ambassade du Burkina Faso à Vienne

 

 

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