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Mise en place de la zone de libre-échange en Afrique: lever les barrières, et promouvoir le commerce intra-africain

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a organisé du 31 octobre au 2 novembre 2017, à Addis-Abeba, la dixième Session du Comité de la coopération et de l’intégration régionales. La question de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale a été le point important de l’ordre du jour de cette réunion.

La délégation burkinabè à la dixième Session du Comité de la coopération et de l’intégration régionales

La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) doit devenir une réalité d’ici à la fin de l’année 2017. C’est ce délai que s’étaient fixés les chefs d’Etat africains lors de leur Sommet tenu à Johannesburg en Afrique du Sud en juin 2015. Pour gagner ce pari de transformer économiquement l’Afrique, les négociateurs et ministres en charge du Commerce des Etats membres de l’Union africaine se sont retrouvés du 5 au 10 juin 2017 à Niamey au Niger en vue de définir les modalités des accords concernant le commerce des biens et des services au sein de ladite zone. Ces modalités sont destinées à concrétiser la vision d’un abaissement des barrières tarifaires et non tarifaires dans le but d’intensifier les échanges intra-africains et de contribuer à l’industrialisation et au développement durable du continent. Et en se réunissant à Addis-Abeba, pour cette dixième session, les experts et ministres africains en charge du Commerce entendent contribuer à la mise en place accélérée de cette Zone de libre-échange. C’est pourquoi ils ont choisi de réfléchir sur le thème: «mise en place de la zone de libre-échange continentale et gains partagés». Durant les trois jours de travaux, ils ont passé en revue les questions relatives aux faits nouveaux en matière d’intégration régionale en Afrique, les progrès accomplis dans la formulation et la mise en œuvre des politiques foncières. L’état de la sécurité alimentaire, la promotion des chaînes de valeurs de produits agricoles stratégiques, le développement durable ainsi que la prise en compte du genre dans la ZLEC ont également été à l’ordre du jour des débats.

Selon le Fonds monétaire international, la ZLEC qui regroupe 55 pays africains avec une population totale dépassant un milliard d’habitants, a un PIB supérieur à 2 190 milliards de dollars. Cet atout inestimable devrait permettre au continent de booster son développement économique et d’assurer sa sécurité alimentaire. Ce qui fait aussi dire à monsieur David Luke, Coordonnateur du Centre africain pour les politiques commerciales, que la ZLEC est un ambitieux projet qui permettrait, à terme, d’accroitre la compétitivité et de promouvoir une plus grande innovation dans les industries et les entreprises africaines. Malheureusement, diverses études analytiques, notamment le rapport économique sur l’Afrique et celui sur l’évaluation de l’intégration régionale en Afrique publiées par la CEA, ont montré que la faiblesse générale des capacités de production du continent, le manque de compétitivité, l’absence de commerce entre les pays de la région et le sous-développement technologique figurent parmi les principales raisons du faible niveau des échanges intra-africains. Ces mêmes études soutiennent que la libéralisation des tarifs sur le continent offrirait une occasion exceptionnelle pour l’agriculture, un secteur dans lequel les échanges intra-africains sont particulièrement sous-exploités en raison du niveau élevé des tarifs sur les importations de denrées alimentaires, du caractère strict des barrières non tarifaires et de l’absence de marché et de connectivite en milieu rural.

En 2015, poursuivent les mêmes sources, les importations des produits alimentaires ont coûté aux pays africains environ 63 milliards de dollars avec une faible partie en importations intra-africaines. Selon la CEA, pour maximiser le potentiel de la mise en œuvre de la ZLEC tout en réduisant au minimum les risques qui y sont liés, il est impératif de renforcer les infrastructures, la production industrielle et l’innovation en Afrique. Ce qui, de l’avis des experts permettrait au continent de s’extirper d’une situation marquée par la pénurie de ressources pour entrer dans une ère de gains partagés toujours importants et concrets.

Aline Verlaine ZOROM

Ambassade, Mission Permanente

du Burkina Faso en Ethiopie

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