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Tout le monde est suspect, surtout par ces temps!

Les réactions virulentes contre le pouvoir continuent de tomber suite à l’interpellation de Safiatou Lopez/Zongo. Concomitamment, elles reprochent au pouvoir de ne pas faire assez pour arrêter le ‘’génocide’’ de nos braves et jeunes soldats dans l’exercice de leurs fonctions. Mais dans cette histoire, il faut simplement blâmer l’autorité de ne pas communiquer, de s’enfermer dans son mutisme quand il faut parler.

De ce que moi Mounafica j’ai pu glaner comme bribes d’informations ayant déclenché l’intervention musclée de l’Unité spéciale d’intervention de la Gendarmerie nationale, il ressort qu’il s’agissait d’une imminente action de déstabilisation. Et le cerveau de cette opération a conduit les éléments dans une villa de Ouaga 2000 où résiderait le présumé financier des opérations. L’Unité ne savait même pas qu’il s’agissait du domicile de Mme Lopez, selon ma source.

C’est ce qui aurait motivé la mobilisation de tels moyens. C’est ce qui aurait également justifié la longue attente, puisqu’ayant su qu’il s’agissait de Safiatou Lopez, il fallait recevoir des instructions du parquet.

Dans cette série de réactions de citoyens et d’autorités politiques et de la société civile, j’ai l’impression que le Burkinabè veut d’une chose et son contraire. Tantôt on accuse le pouvoir de ne pas protéger suffisamment les populations, tantôt on le gronde proprement comme un enfant lorsqu’il déploie les moyens appropriés ou lorsqu’il veut procéder à la vérification d’un renseignement.

Dans cette situation d’insécurité généralisée, tout le monde est suspect, le citoyen Gomtibo moins que ceux qui sont au sommet de l’Etat ou gravitent autour d’eux.

Quand la même unité, après renseignement, était allée intervenir à Rayongo pour neutraliser les terroristes, tout le monde a applaudi. Aujourd’hui, on critique vertement le pouvoir car l’action de l’Unité est dirigée contre une camarade, une amie. Mais pensez-vous que les attaques de ces derniers jours sont des faits de personnes étrangères? Ce sont bel et bien des Burkinabè comme nous. Donc, mieux vaut réduire la liberté d’un individu que d’avoir des scrupules et laisser commettre l’irréparable. Pour paraphraser le dicton moaga je dirai que «c’est parce que l’Homme a affiché un visage de singe que le chien l’a mordu». Juste pour plaisanter.

Je n’accuse pas dame Lopez, je dis simplement de laisser l’autorité faire son travail mais dans le strict respect des droits de la personne. Si, après vérifications, elle montre patte blanche, ce serait tant mieux! Nous devons accepter d’être privé de notre liberté pendant un certain temps que de laisser courir le risque que beaucoup de vies soient sacrifiées. Ceux qui s’insurgent devraient s’employer à faire en sorte que Safiatou Lopez soit traitée avec dignité et son cas avec célérité.

Les éléments des forces de défense et de sécurité qui vont sur le terrain vont intervenir jusqu’au sacrifice suprême. Ils vont pour ne pas revenir peut-être au milieu des leurs. Ce sont eux qui ont reçu le renseignement et y sont allés avec les moyens appropriés qu’ils possèdent. Lorsqu’on apprend qu’une attaque est imminente comme c’était le cas, on n’y va pas avec une tige de mil à la main. On va pour faire tonner le canon au cas où une résistance s’oppose.

Nous devons savoir ce que nous voulons! Si par malheur les éléments y avaient rencontré des tueurs, ce sont les mêmes qui gaussent aujourd’hui qui allaient encore accuser l’autorité de les avoir envoyés à la boucherie.

C’est facile de se caler dans des bureaux douillets pour produire des déclarations. Mais évitons de saper le moral des combattants. Ils ont droit aussi à nos égards constants. Sinon, nous risquons de recevoir, de moins en moins, des candidatures aux concours d’entrée dans nos forces de défense et de sécurité.

Mais en conclusion de nos échanges, mon informateur a déclaré que ce qui est sûr, c’est qu’il y a bel et bien financement d’opérations de déstabilisation. Maintenant, le gros souci, c’est de trouver des traces, puisque ce genre d’opérations ne laisse plus d’écrits. Dans tous les cas, disons-nous bien que nul n’est intouchable.

Blaise Compaoré était bien le président élu du Faso, mais il a été contraint de quitter le pouvoir. Les généraux Diendéré et Bassolé répondent d’accusations de meurtres et consorts. Le ministre colonel Barry a été écroué pendant 8 mois pour des soupçons de déstabilisation et il vient de bénéficier d’une liberté provisoire. Safiatou Lopez a été interpellée pour les mêmes motifs, apparemment, et elle sera libre si on ne trouve rien de méchant contre elle.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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