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Monsieur l’agent, tu n’avais pas besoin de ça!

Ce n’est pas bien. Il ne faut pas le recommencer. Il faut surtout sensibiliser tes camarades pour que de telles scènes ne se répètent plus. C’est ainsi que vous avez procédé et l’incivisme a gagné du galon. Nè Wendé!

De quoi s’agit-il?

Samedi 19 octobre, à 6h30 exactement, au poste de contrôle situé après le péage situé RN5, un mini car de transport mal famé s’immobilise devant la barrière de contrôle de police. La brochette de passagers matinaux passe la barrière, en prenant le soin de montrer patte blanche (document d’identité) à l’agent qui la garde. Tout le monde est en règle et les passagers avalent les quelques mètres qui séparent cette barrière de celle située à l’opposé. Nè Wendé!

Puis le car s’amène. Mais au moment d’embarquer, l’agent qui tient cette barrière vient dire à l’oreille du conducteur que l’agent assis (il y avait un autre agent assis dans l’intervalle créé par les deux barrières) lui demande de venir. Il feint un étonnement mais se ravise de vite comprendre. Nous passagers avions aussi compris. Il plonge sa main dans la poche, enlève des billets, en prélève un qu’il dissimule dans la serviette contenant les documents du véhicule, et envoie son ‘’apprenti’’ voir l’agent. Puis le car démarre. Nè Wendé!

Nous venions de vivre, en live, un de ces nombreux rackets que les transporteurs vivent sur nos routes. Il faut s’empresser de vite les condamner (les transporteurs) qui, généralement, n’ont pas leurs documents à jour et font de la surcharge la norme. C’est parce qu’ils ne sont pas en règles que les agents les rackettent. Passons parce que voleur n’a rien à voir dans funérailles de policier. Nè Wendé!

Mais dans ce cas-ci, il n’y avait pas matière à racketter, puisque le contrôle concernait les passagers. Le poste de contrôle a été érigé dans le feu de l’insécurité pour contrôler les populations en mouvement. Mais comme monsieur l’agent est habitué au racket, peu importe, la chèvre broute là où elle est attachée. Nè Wendé!

Assis dans le car, j’ai donc eu ce soliloque: «Voilà pourquoi l’incivisme a la peau dure et pourquoi les populations méprisent les agents. Le bifton que monsieur a pris n’arrivera même pas à la maison. Il ne servira pas la bonne cause non plus. Tout au plus à ‘’prendre une bière’’ avant de rentrer après la descente. Ou à désosser un poulet en galante compagnie en écartant bien les cuisses, sinon à partager un poisson braisé… On se connaît ici au Faso wèh. Nè Wendé!

Il est vrai qu’à la date du 19 octobre, le mois était à deux chiffres, mais un assistant de Police ne devrait pas être moisi. Avec un salaire confortable et des avantages certains, il devrait pouvoir s’en sortir 30/30. Mais à force de créer les poches de recettes parallèles, la gestion parcimonieuse des gains est le dernier des soucis. Cela est valable pour tous les travailleurs, du public comme du privé. Tous des délinquants en col blanc fabriqués par leur cupidité! Nè Wendé!

Le comble de la cupidité, c’est que gendarmes et policiers se fichent de savoir qui ils veulent racketter. Ils  »s’en gnagnent » de qui est dans un véhicule rutilant aux vitres teintées. Ils veulent quelque chose pour boire de l’eau. Pourtant ils ont leur identité frappée sur leur poitrine mais ne craignent rien. Même si tu relèves leur nom pour tenter quoi que ce soit, c’est peine perdue. Ne dit-on pas que le poisson pourrit par la tête! Nè Wendé!

Pour ce pauvre transporteur qui était d’ailleurs en train de rallier l’un de ces petits marchés situés dans les campagnes du Burkina, c’était l’incertitude. Il venait juste de quitter Ouagadougou avec quelques passagers. S’il a la chance, il peut en ramasser sur le parcours. Mais si d’autres l’ont fait avant lui, il ne reste plus qu’à prier pour arriver à destination et avoir beaucoup de passagers avec leurs marchandises pour le retour. Nè Wendé!

L’agent placé sur la route a un salaire à la fin du mois. Voilà pourquoi d’ailleurs on l’y envoie pour justifier cette rémunération. Pas pour racketter les populations. Le transporteur perçoit son ‘’salaire’’ au quotidien. Et il est très aléatoire. Pourquoi ne pas voir cela et le laisser tranquille s’il n’est pas en porte-à-faux avec les textes?! Nè Wendé!

Le racket est aussi une prime à la surcharge car, à force de se délester de ‘’pourboires’’ pour les agents de contrôle (police et gendarmerie), il faut bien que le camion ou le car soit bien bondé pour espérer faire une bonne recette.

Nous critiquons la gabegie de nos autorités mais nous-mêmes, nous ne commettons pas l’effort de changer. Nous ne sommes même pas prêts à le faire. Au contraire, nos vilains comportements s’exacerbent. Nè Wendé!

Osons aussi le changement car il y a un prix à payer pour être heureux: changer! Si nous ramenons notre train de vie au niveau de nos ressources, nous allons vivre heureux car dans la vérité. Nous sommes malheureux parce que, comme on dit, nous voulons p… plus haut que notre postérieur. Nè Wendé!

Nous avions eu le courage de risquer l’insurrection pour que cela change. Si à la fin de la journée chacun prenait la route de son domicile pour retrouver madame ou mesdames et les enfants, la joie de vivre reviendrait dans les foyers. Les enfants recevraient une meilleure éducation. Madame allait retrouver ses ‘’12 ans’’ et tout le monde allait être heureux. C’en serait fini du stress. On mangerait le bon plat familial au lieu de s’empoisonner à petites doses dans les gargotes en bâfrant des mets impurs. Nè Wendé!

Il y aurait moins de maladies car ça nous éviterait les hypertensions artérielles et autres diabètes. Nos poches seraient bien garnies en permanence et nous pourrions emporter chaque jour un sachet noir en rentrant pour toute la famille. Chacun n’a qu’à faire honnêtement le point de son gaspillage quotidien pour en prendre conscience. Nè Wendé!

Osons le changement maintenant. Zèph, excuse pour le plagiat parce que c’est une expression qu’on devrait mettre en pratique chaque jour. Du haut en bas. Nè Wendé!

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