Accueil » L’impertinent » Monsieur le Maire, Ouaga se bidonvillise!

Monsieur le Maire, Ouaga se bidonvillise!

Ceci est le décor d’un coin de la très ‘’résidentiellisme’’ cité de Ouaga 2000

Le constat est unanime, la ville de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, encensée il y a peu pour sa propreté, est devenue sale et sens dessus dessous. Il est dépassé, le temps où des bourgmestres de la sous-région ou d’ailleurs venaient s’inspirer de l’exemple de propreté de Simonville.

Parce qu’à cette époque-là, Simon Compaoré était le maire de la ville de Ouagadougou à la faveur du processus de décentralisation qui a redonné aux communes une autonomie de gestion. Il a été élu après le scrutin municipal du 12 février 1995. A la tête de la commune, il a mené un vrai combat contre l’anarchie et l’insalubrité. Très souvent, il conduisait lui-même les opérations de déguerpissements des installations anarchiques le long des rues ou sur les espaces réservés. Au point que certains trouvaient qu’il en faisait trop. Soit!

Bien des fois, ce sont les caniveaux censés drainer l’eau pluviale qui sont utilisés comme poubelles par les riverains

Il avait à ses côtés la Brigade verte, ces équipes de femmes habillées en blouses vertes, qui assurent le nettoyage de la ville dès les premières lueurs de la journée. Les ‘’maquisards’’ qui rentraient tard découvraient dans la lueur de leurs phares des silhouettes de femmes courbées avec un balai à la main.

La Police municipale est aussi née à nouveau (?) pour mener des actions de proximité et accompagner l’action de l’autorité de tutelle communale.

Ces deux créations conjuguées, sous la houlette de Simon (comme on l’appelle communément), ont donné à Ouagadougou la qualité de ville propre, avec moins d’incivisme. Elle a même remporté plusieurs prix internationaux de la propreté. Après trois mandats, Simon s’est retiré de la gestion communale.

La ville a besoin de poumons pour respirer mais tout de même pas ces broussailles le long des rues qui sont une source d’insécurité et de danger

Même si la Police municipale existe, même si la Brigade verte existe avec des effectifs plus importants, la ville a commencé à perdre ses lustres. D’abord, avec Marin Casimir Ilboudo qui a succédé à Simon.  Comme il était difficile de succéder à un homme hyperactif, on n’a pas senti l’action du maire Marin dans la lutte contre la saleté et l’incivisme urbains. Il a été emporté comme tous ses homologues par l’insurrection populaire d’octobre 2014.

Un feu pourrait y partir d’un moment à l’autre, en cette période de saison sèche

Puis vint Armand Béouindé. Nous ne lui ferons pas l’insulte de dire qu’il ne travaille pas, mais son action est invisible sur le terrain. Ouagadougou est une ville surtout encombrée par des étales et des prestataires de services divers qui salissent la ville. Le long des murs des concessions, chaque famille a désormais construit des infrastructures qu’elle met en location. Tout le monde est devenu commerçant avec un usage excessif de déchets et d’eaux usées. D’où le rétrécissement des voies de circulation et l’encombrement des caniveaux avec les ordures produites par ces occupants.

L’on avait cru que profitant des déguerpissements pour laisser réaliser certains travaux de désenclavement et d’assainissement, la mairie allait prendre des mesures pour empêcher la réoccupation de ces lieux. Non, tout est redevenu comme avant. Un gâchis!

Est-ce parce que les habitants de Ouagadougou adorent les telenovelas où abondent les favelas que le maire veut leur créer la réalité sur place?!

L’Impertinent

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *