Accueil » Gouvernance - Développement » Crise au MENA: l’investissement personnel du président est attendu

Crise au MENA: l’investissement personnel du président est attendu

La crise qui secoue le monde éducatif a atteint un niveau tel qu’il faille agir et vite. Si par principe le président doit laisser au gouvernement la latitude de gérer cette crise sans interférer, il peut, de sa propre initiative, et sans désavouer quiconque, user de ses prérogatives pour l’exorciser directement. Déjà, avec les magistrats, les policiers et les transporteurs, il a montré qu’il peut être un chef à l’écoute de son peuple.

Le président Roch Marc Christian Kaboré peut résoudre la crise des enseignants par un dialogue direct.

La peur d’une année blanche est légitimement partagée par tous les parents d’élèves. Car si les plans financier et moral c’est bien eux qui payeront la facture et les gros dommages. Ce n’est pas pour rien que chaque année, ils tuent des envies personnelles, font l’impasse sur des commodités souhaitées en serrant la ceinture pour ne point perturber le bon déroulement de l’éducation de leurs enfants.

Déjà que le mois de décembre est perdu de notre système éducatif depuis 1998, y ajouter des semaines sans formations des enfants est suicidaire; puisqu’aucune stratégie ne permettra de rattraper raisonnablement les évaluations et le temps perdu sans faire du tort à la pédagogie et à la qualité.

Comme nous le rappelle l’adage populaire, «quand c’est dur, ce sont les durs qui passent». Autrement dit, c’est dans la gestion de ces crises que le gouvernement doit montrer son utilité et sa raison d’être. Sa capacité à se sortir des bourbiers. Il doit prendre la mesure des choses et éviter que cette crise ne soit politiquement récupérée. Ce sont ces crises-là qui nécessitent parfois un Conseil extraordinaire des ministres pour y mettre fin avant qu’il ne soit trop tard. Malheureusement, à chaque crise, la communication gouvernementale n’est pas la chose la mieux partagée. C’est pourquoi le président du Faso a plusieurs fois pris ses responsabilités pour juguler des mouvements d’humour dans notre pays. Les cas particuliers des magistrats, des policiers et les transporteurs nous ont montré que le président a souvent la solution inespérée.

Après la communication non rassurante du Premier ministre et le refus des acteurs du monde éducatif de discuter avec leur ministre de tutelle, la dernière carte est maintenant entre les mains du président Roch. Monsieur le président, ne laissez pas cette crise s’envenimer et entacher votre mandat. Réitérez au peuple burkinabè votre volonté de promouvoir le dialogue, la tolérance et le respect de l’intérêt général. Car, en dernier ressort, l’issue de cette crise vous incombera. Ne dit-on pas que «quand la main faillit on s’en prend à la tête?»

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *