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Moogho Naaba Baongho: ou l’empereur de la paix qui inspire toute l’Afrique

Le Moogho Naaba Baongho désigné lauréat du prix Macky Sall 2017

Le Moogho Naaba Baongho est un chef traditionnel qui a opté d’être au centre des médiations politiques et sociales tant au Burkina qu’en Afrique. Il fait beaucoup d’efforts en faveur de la paix, de la solidarité et de la concorde sociale. Aujourd’hui très influent et très écouté, il fait la fierté des Burkinabè et des Africains.

Le Moogho Naaba, Isaac Zida et les leaders religieux en concertation

Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho a été très souvent consulté pour des conseils et des médiations dans des crises politiques ou sociales. Et l’on se demande souvent pourquoi lui et pas les autres rois. Certes, il a l’avantage de résider dans la capitale, Ouagadougou. Mais cela ne suffit pas pour être populaire et être sollicité de toute part.

L’option fondamentale du monarque de prêcher le message de paix et de tolérance pour le développement du Burkina Faso est sans doute sa force. Dans ce sens, il reçoit et traite les hommes politiques de tous bords de la même manière avec le même refrain de sa chanson: «plus de paix, plus de tolérance».

Le président Alassane Ouattara rend une visite de courtoisie au Moogho Naaba le 29 décembre 2015

Très intelligent et diplomate, le Moogho Naaba cherche à être le plus impartial possible avec tous ses hôtes en refusant les compromissions comme celles politiques. Il se distingue largement des chefs subalternes de villages dont quelques-uns d’entre eux se laissent manipuler par des politiciens au détriment du respect et de la crédibilité de la chefferie coutumière. Naaba Baongho sait que le respect et l’honneur doivent rester à la chefferie traditionnelle, garante légendaire de la cohésion sociale.

Le Moogho Naaba Baongho reçoit le président de la Transition Michel Kafando

Toutes les sommités de la république (Chefs d’Etat, Premiers ministres, ministres, chefs militaires, responsables politiques et d’associations, etc.) accourent vers son palais pour conseils, médiations et protection parce qu’il est rassembleur, inspire la confiance et sait rester au-dessus des intérêts partisans. La preuve, en novembre 2014, sous son impulsion, les chefs traditionnels se sont abstenus de désigner un candidat pour la présidence de la Transition. Pourtant, dans le milieu traditionnel et coutumier, les envies pour la magistrature suprême étaient présentes et beaucoup étaient ceux qui voulaient saisir l’opportunité de la Transition pour la briguer. Mais il a conseillé à ses pairs de rester dans leur rôle de conseils et de médiateurs.

Le Gal. Pingrenoma Zagré reconnaissant aux autorités coutumières

C’est bien grâce à cette neutralité dans le traitement des dossiers sensibles que le mercredi 23 septembre 2015, les Forces armées nationales (FAN) du Burkina et le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ont signé un accord sous son égide afin de décrisper la situation politique tendue: les deux frères armés voulaient s’affronter. Le fort plaidoyer fait auprès de lui par la hiérarchie militaire avait permis d’éviter une guerre fratricide au Burkina et de prouver combien il est respecté et écouté, même au-delà du Pays des Hommes intègres.

Le défunt président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, chez le Moogho Naaba

A titre d’exemple, le 30 avril 2008, une délégation de 11 dépositaires des coutumes ivoiriennes, conduite par le président du Conseil supérieur des rois et chefs traditionnels de la Côte d’Ivoire, a fait du Moogho Naaba Baongho chef sur toute l’étendue du territoire ivoirien. De nouveaux attributs qui étendent le pouvoir de Sa Majesté au-delà de son royaume.

Plus que l’intention de raviver les liens historiques entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, cette visite avait pour but d’exprimer au Moogho Naaba la gratitude des Ivoiriens pour son assistance au président Blaise Compaoré, grâce à qui la paix revenait dans leur pays.

Zéphirin Diabré chez le Moogho Naaba

Une autre récente distinction décernée à Sa Majesté le Moogho Naaba est «le Prix Macky Sall pour le dialogue en Afrique» qui récompense les hommes et femmes pour leurs actions en faveur de la paix. Composé d’un trophée, d’une médaille et un chèque de 50 000 euros, environ 32,8 millions de francs CFA, ce prestigieux prix honore et encourage l’empereur des mossé à être davantage le roi de la paix non pas seulement au Burkina, mais aussi en Afrique.

Samuel Eto’o chez le Moogho Naaba

A l’occasion, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Sidiki Kaba, représentant le président Macky Sall, a salué le CIRID (Centre indépendant de Recherches et d’Initiatives pour le Dialogue) pour le choix porté sur Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho avant d’ajouter: «Vous méritez votre prix, vous êtes un rassembleur, vous êtes pacificateur, vous êtes admiré au Sénégal et au-delà des frontières africaines», a-t-il souligné. Le président-fondateur du CIRID, Déo Hakizimana, a, lui, remercié le lauréat pour cette culture de dialogue qui permet à nos sociétés d’avancer.

Saurions-nous en 2018 mettre à profit cette richesse qu’est la culture du dialogue pour résoudre nos problèmes sociaux et politiques internes qui freinent notre développement?

Théophile MONE

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