Accueil » Economie-Finances » Morosité des affaires au Burkina: le bout du tunnel pour bientôt?

Morosité des affaires au Burkina: le bout du tunnel pour bientôt?

Après une audience accordée par le président du Faso le lundi 23 mai 2016, le Cercle des chefs d’entreprises burkinabè, présidé par Mahamadi Savadogo dit Kadhafi, a dit avoir fait des propositions pour relancer l’activité économique. Déjà, le gouvernement lui-même a annoncé des mesures dont l’application, en fin juin, pourrait contribuer à la relance des activités économiques.

Le Président du Faso avec la délégation du Cercle des Chefs d'entreprises Burkinabè
Le Président du Faso avec la délégation du Cercle des Chefs d’entreprises Burkinabè

Sur le plan économique, le Burkina Faso vit au ralenti. Pouvait-il en être autrement? Sous la Transition, la mobilisation des recettes a atteint un niveau acceptable. Près de 97% des impôts ont été collectés en 2015. Ce taux est de plus de 90% au niveau de la douane. Malheureusement, la dépense n’a pas suivi les règles de l’art. Elle a été exécutée sans tenir compte des capacités du pays. Conséquences, on s’est retrouvé au 1er janvier 2016 avec des factures impayées, des marchés non exécutés, des promesses de salaires non versées, etc.

Pour relancer l’économie, le gouvernement de Paul Kaba Thiéba a pris des mesures au mois d’avril 2016 qui ont été applaudies. Font parties de ces mesures, le règlement d’une partie des factures impayées. La somme de 20 milliards de FCFA a été mobilisée pour ce faire. Cette somme revient aux entreprises qui ont exécuté des travaux pour le compte de l’Etat qui n’a pas été à mesure de les payer à temps.

En plus de ces 20 milliards de FCFA, environ 9 milliards dont aussi été mobilisés pour prendre en compte les factures impayés laissées par la transition dans la cadre du programme socioéconomique d’urgence de la transition (PSUT).

La mise en œuvre de ces mesures d’un cout de 29 milliards de FCFA constituerait un bon point de départ pour la relance économique parce qu’actuellement, de nombreuses entreprises ne peuvent plus prendre en charge les salaires des travailleurs encore moins payer des impôts par manque d’argent.

Une autre mesure prise par le gouvernement de Paul Kaba Thiéba à même de relancer la consommation est la revalorisation salariale des agents publics de l’Etat, des magistrats et des agents des eaux et forêts. 15 milliards sont mobilisés pour les agents publics, 2,9 milliards pour les magistrats et un milliard pour les agents des eaux et forêts. Le gouvernement annonce l’effectivité de cette mesure d’un cout global de 18,9 milliards de FCFA pour la fin du mois de juin prochain.

Toutes ces annonces sont évaluées à 47,9 milliards de FCFA et ne concernent pas toutes les promesses de déblocage du gouvernement en faveur des entreprises et des agents de l’Etat. Si toutes ces mesures sont mises en œuvre, l’argent circulerait comme on le dit. Les entreprises et leurs employés tout comme les agents publics injecteront l’argent dans la consommation et tout le monde gagnerait.

L’argument selon lequel les caisses sont vides ne tient pas. Même l’argentière du gouvernement, Rosine Coulibaly apprécie positivement le niveau de mobilisation de recettes qui dépasse les prévisions. Le paiement des sommes dues constituerait une source d’apaisement de la tension perceptible chez de nombreux chefs d’entreprises, leurs employés et les agents publics de l’Etat.

Adoua Kassiro

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *