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Morts de fidèles lors des prêches: plus jamais ça!

La nouvelle est tombée tôt le petit matin du samedi sur les réseaux sociaux: six personnes ont perdu la vie à Somgandé après le prêche du guide religieux Cheikh Abdoul Aziz Soré au plateau omnisports de Somgandé, à Ouagadougou. Plus tard, on apprendra qu’il s’agit de cinq femmes d’un âge avancé et d’un homme de la même génération. Le communiqué du gouvernement tombé le dimanche est plus précis: «Dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 avril 2018, une bousculade s’est produite à la fin de la veillée de prière du guide religieux Cheikh Abdoul Aziz SORE au plateau omnisports du quartier Somgandé au secteur n°19 de l’arrondissement 4 de la commune de Ouagadougou faisant six (06) morts et cinq (05) blessés.»

Le guide religieux Cheikh Abdoul Aziz Soré

Le 13 avril, il avait même battu le record du MPP et du CDP réunis, en remplissant le Stade du 4-Août recto-verso avec intercalaires. Cheikh Abdoul Aziz Soré a l’habitude des prêches. Il en organise partout au Burkina. Et les lieux où il tient ses évangiles sont bondés. On le sait, le Burkinabè a tant de problèmes qu’il s’accroche à tout ce qui est spirituel, même le charlatanisme. Il ne faut pas croire que tous ceux qui vont dans ces sermons sont de la religion! On retrouve des musulmans dans les églises et des chrétiens dans des lieux de cultes musulmans. Ils n’y vont pas seulement à la recherche de l’âme sœur, non! Les âmes sont tellement en peine qu’elles errent à la recherche de la délivrance.

La question qui se pose aujourd’hui puisque l’irréparable s’est produit est de savoir si ces rencontres sont entourées par des mesures de sécurité conséquentes. Cheikh Abdoul Aziz Soré avait-il une autorisation? Si c’est le cas, qu’est-ce qui n’a pas marché pour que le drame survienne?

De prime abord, il faut que les organisateurs, eux-mêmes, prennent la pleine conscience de leurs actes. Sont-ils capables d’assurer la sécurité à tous ceux qui viendront les écouter? La donne a changé et ce ne sont plus seulement des ‘’enfants de chœur’’ qui viennent écouter les prêches. De nos jours, il est même très risqué de tenir ce genre de sermons dans cet environnement de menaces terroristes.

Si c’est dans une enceinte close, si les mesures sécuritaires sont strictes, bien agencées et respectées, on peut minimiser le risque. Mais dans un espace vague où tout un chacun peut aller et venir à sa guise, le risque est très grand. Et comme les terroristes ne s’attaquent pas qu’aux ‘’mécréants’’ mais aussi aux musulmans, il faut bien réfléchir aux mesures qu’il faut déployer pour protéger les âmes d’abord avant de vouloir les sauver. Certains rétorqueront que c’est une grâce divine de mourir dans ces conditions car la victime entrera directement au paradis parce que rappelée à Dieu…

Dans ces conditions, il va être difficile de réglementer ces séances. A défaut de les interdire, il faut les redimensionner pour pouvoir gérer le côté sécuritaire.

C’est le lieu d’interpeller le président du Faso afin qu’il reconsidère sa volonté de ne pas coopter d’homme de tenue dans ses gouvernements. Quand il le disait, la menace n’était pas aussi prégnante. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

Les questions de Sécurité et de Défense doivent être confiées à des professionnels. C’est bien de se faire entourer par des hommes du domaine mais si on était déjà soi-même un professionnel, l’action ou le soutien des autres viendrait renforcer la vision qu’on a soi-même de la mission. Mais s’il faut expliquer à un ministre les B.A.ba avant de lui présenter les stratégies, c’est du temps perdu inutilement. Il faut tropicaliser la démocratie à l’occidentale pour l’adapter à notre climat. Une singerie qui ne transforme pas en singe n’est pas bonne…

Hidogo

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