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Moustique génétiquement modifié contre le paludisme: un immense espoir pour les pays comme le Burkina

«Gene drive» est la nouvelle trouvaille des scientifiques pour vaincre les maladies parasitaires comme la dengue et le paludisme. Leur méthode est simple: forcer les lois de l’hérédité. Une technique de manipulation génétique qui séduit. Un immense espoir pour les pays au sud du Sahara comme le Burkina Faso où les taux de morbidité et de mortalité liés au paludisme sont très élevés.

« Target malaria » est un grand espoir pour les pays africains surtout que les moustiques s’adaptent de plus en plus aux moustiquaires, aux insecticides et aux antipaludéens

Pour vaincre la maladie du paludisme, des scientifiques proposent le «forçage génétique », «gene drive» en expression anglaise. Pour eux, c’est le meilleur moyen de débarrasser notre planète de certaines des pires maladies parasitaires dont elle est infestée : la dengue, le chikungunya, le tout nouveau virus Zika, terreur des femmes enceintes, et surtout le paludisme et ses quelque milliers de morts annuels.

Cette technique de manipulation génétique est assurément une source d’immense espoir, même si certaines associations notamment écologistes craignent les risques de dissémination de créatures génétiquement modifiées aux propriétés largement inconnues. Inquiètes, elles estiment qu’il faut mesurer les conséquences environnementales d’une telle action avant de s’y aventurer. Mais la plus grande crainte est le désintérêt des pays riches à ce miracle scientifique parce que leurs populations ne sont pas touchées par le paludisme. Les firmes pharmaceutiques qui font du business sur les produits antipaludiques pourraient également dissuader sinon empêcher la mise en œuvre de ce formidable projet.

Concrètement, il s’agit d’introduire dans une population d’anophèles quelques moustiques porteurs d’un gène de résistance au paludisme. Les insectes qui en sont pourvus ne permettent plus au plasmodium, le parasite qui provoque le paludisme, de se développer dans leur organisme. Ils ne transmettent donc plus la maladie. Aussi, chaque fois qu’un animal modifié s’accouple avec un animal «normal », toute la descendance devient résistante. Conséquence, en quelques générations, le tour est joué. L’idée est de combattre l’animal par lui-même. Une idée fabuleuse d’autant plus que les moustiques ne cessent de défier les insecticides aux effets d’ailleurs secondaires, de résister aux antipaludéens en Asie avec une possible répercutions sur Afrique, de s’adapter aux moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (MILDA) et surtout de tuer chaque jour, 1000 enfants dans le monde.

Certes, la méthode du forçage génétique est lourde et peut être coûteuse. Mais elle seule pourra permettre de combattre efficacement, à 100%, le paludisme. L’opportunité devrait donc être saisie par les institutionns internationales comme l’OMS pour aider les pays pauvres qui paient le lourd tribut des maladies parasitaires. D’ailleurs, les promoteurs du «gene drive» sont convaincus que leur découverte sauvera des vies, beaucoup de vies, à l’avenir.

Ainsi, plutôt que de voir en cette découverte un danger, les décideurs peuvent au contraire y voir une extraordinaire opportunité, l’avènement d’un moustique assurément révolutionnaire. Encore faut-il que les pays africains qui ploient sous les terribles conséquences du paludisme fassent unanimement pression sur la communauté internationale en faveur de la promotion de «Target Malaria».

Théophile MONE

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