Accueil » Société » Multiplicité des fêtes au Burkina: peut-on se développer en fêtant à tout-va?

Multiplicité des fêtes au Burkina: peut-on se développer en fêtant à tout-va?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Burkinabè aiment la fête. Pourtant, les fêtes sont budgétivores. Après, on s’étonne de ne pas avoir de l’argent. Le bouc émissaire est vite trouvé: «Le pouvoir en place», ou encore «la situation économique nationale où rien ne va». Après la fête, c’est la grève, occasion encore de ‘’fêter’’ puisqu’on se retrouve en train de manger des brochettes et de boire frais pour tenir le piquet de grève. Il est temps que les Burkinabè changent. Les fêtes de fin d’année ont été éprouvantes pour bon nombre de citoyens.

Il y a de nombreuses fêts civiles et religieuses tout au long de l'année. Il faut un peu de retenue et de la modération
Il y a de nombreuses fêtes civiles et religieuses tout au long de l’année. Il faut un peu de retenue et de la modération

Pour la fête de Noël, il a fallu habiller toute la famille et décorer la maison. Le jour J, de l’argent a été déboursé pour préparer de petits plats sans compter la boisson. La quantité et la qualité de la cuisine et des boissons dépendaient de la poche des uns et des autres. Le même geste a été répété le 31 décembre et le 1er janvier.

Beaucoup sont sortis de ces fêtes paumés au vrai sens du terme. Traverser le mois de janvier a été très dur. On comptait les jours avec l’impression que le temps s’arrêtait par moments. Des gens ont senti qu’on reculait le mois. La «janviose» fouettait. Puis arrive la fin du mois de janvier. Il a fallu payer les prêts contractés de gauche à droite pour faire face à la «janviose». Entre-temps, tombent d’autres dépenses comme les baptêmes, les funérailles, les PPS où il faut mettre la main à la poche. Même pour ceux qui ont épongé la scolarité des enfants, ce n’est pas toujours facile.

C’est dans cette ambiance qu’intervient le 14-Février ou la fête de Saint-Valentin ou encore la fête des amoureux. Cette fête est entrée dans les mœurs des Burkinabè et ils l’ont adoptée sans retenue. Il suffit de faire un tour à Rood-Woko pour se rendre compte que le marché des fleurs et autres cadeaux prospère. Sur Facebook, certains Burkinabè se demandent même «si le 14-Février est un jour chômé et payé» parce que lorsqu’on fête, on dépense, et lorsqu’on dépense, on chôme.

Après trop de fêtes et de bombances, c'est la galère
Après trop de fêtes et de bombances, c’est la galère

De nombreuses personnes sortiront de cette «fête» encore plus paumées parce qu’elles auront voulu jouer les galants. Les salariés auront le temps de souffler à la fin du mois que le 8-Mars pointera son nez. La différence de cette date, c’est que ce jour est chômé et férié. Mais les dépenses seront à l’ordre du jour.

Après le 8-Mars, si d’autres baptêmes et funérailles n’interviennent pas, certains respireront jusqu’à la fête de Pâques. Pâques est une grande fête avec ses dépenses. Après Pâques, on alignera d’autres fêtes: les funérailles et les baptêmes catholiques, les fêtes de Ramadan et de Tabaski, etc.

Entre les coupures de la banque pour le prêt contracté, les frais de santé et les dépenses courantes, le Burkinabè est un grand dépensier qui doit savoir faire des choix. Mais non. Certains, dans cette situation, deviennent de véritables racketeurs s’ils ne deviennent pas de vulgaires de vols, des auteurs de fausses factures, de surfacturations, de grands corrompus. Peut-on construire un avenir dans ces conditions?

A T

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *