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Les mutilations génitales féminines (MGF): l’expérience du Burkina lui vaut l’honneur d’organiser une conférence internationale sur la thématique du 22 au 25 octobre à Ouagadougou

La ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille a animée ce matin, à l’hôtel Royal Beach, une conférence de presse sur la tenue de la conférence internationale sur les mutilations génitales féminines qui sera organisée du 22 au 25 octobre prochain à Ouagadougou. Une quarantaine de pays et 300 participants dont des épouses de chefs d’Etat sont annoncés à ce grand rendez-vous. Étaient présents au point de presse les partenaires techniques et financiers tels que L’UNFPA et l’UNICEF et des personnalités comme Dr. Margaret Agama-Anyetei, chef de l’Unité nutrition, santé et population à la Commission de l’Union africaine.

Une vue partielle du présidium lors de la conférence de presse

Cette rencontre de haut niveau se tiendra sous le thème : «Galvaniser les actions politiques pour accélérer l’élimination des mutilations génitales féminines». Elle va réunir 300 participants dont 28 pays africains, 14 pays européens et américains et 2 pays du Moyen-Orient et d’Asie.

Madame la ministre a révélé que grâce à la «synergie d’action entre l’Etat burkinabè, ses partenaires techniques et financiers, les leaders communautaires et associatifs, le Pays des hommes intègres a enregistré une baisse remarquable du taux de prévalence de la pratique de l’excision». En effet, le taux de séro-prévalence a baissé de 8 points de pourcentage passant de  75,8% à 67,6% pour les femmes de 15 à 49 ans et de 13,3% en 2010 à 11,3% en 2015 pour la tranche d’âge des filles de 0 à 14 ans.

Mais en dépit de ces résultats encourageants, «nous enregistrons malheureusement des poches de résistance dans nos communautés en témoignent les récents cas que nous avons connus au cours du mois de septembre 2018», a déploré la ministre de la Femme. L’on se souvient en effet des 30 adultes qui ont été arrêtés pour avoirs procédé à des mutilations génitales féminines bâclées sur près de 60 nourrissons et filles hospitalisés.

Les conférenciers ont fait remarquer que c’est au regard de l’expérience du Burkina Faso dans le domaine de la promotion de l’élimination des mutilations génitales féminines qu’il a été désigné pour abriter la conférence internationale sur la problématique.

Cette conférence a pour but de consolider l’engagement politique mondial, de renforcer l’action nationale et de planifier des stratégies spécifiques pour construire un vaste mouvement en faveur de l’élimination des MGF. Elle se veut également un cadre d’échanges avec les partenaires.

La conférence se tiendra en 2 phases

D’abord un dialogue politique se tiendra les 22 et 23 octobre 2018 avec des épouses de chef d’Etat, des membres de gouvernements chargés de la problématique des MGF, des représentants d’ONG et d’associations internationales du programme conjoint et de l’Union Africaine. Ce dialogue permettra de faire l’état des lieux des mutilations génitales féminines et de partager les bonnes pratiques afin de pousser les pays les moins avancés en matière de promotion de l’élimination des MGF, la tolérance zéro d’ici à 2030.

Viviane Taro, représentante de la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille

Ensuite il y aura le dialogue technique qui se réunira les 24 et 25 octobre 2018. Il sera consacré aux échanges entre experts. Il s’agira également de partager les bonnes pratiques et de redéfinir de nouvelles stratégies et perspectives pour l’atteinte des objectifs escomptés d’ici à 2030.

Cette rencontre est très importante pour le Burkina à double titre. Premièrement parce qu’au regard du degré d’engagement du président du Faso, Roch marc Christian Kaboré, dans la protection et la promotion des droits des femmes en général et dans la promotion de l’élimination de l’excision au Burkina, celui-ci a été élevé par l’Union Africaine au rang de «Champion Mondial» de la lutte contre les MGF.

Deuxième, la tenue de cette conférence mettra notre pays sous les projecteurs de la scène internationale en tant que leader dans le domaine de la lutte contre les MGF. La réussite de cette conférence de haut niveau dépend donc de tous les Burkinabè. Il est un grand défi à relever ensemble comme celui de «Aucune fille, aucune femme, ne devrait plus être excisée en Afrique et dans le monde».

Théophile MONE

 

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