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Nana Tibo et ses provocations politiques: lui et ses amis finiront par se brûler les ailes

Après la mal-cause de Laurent Bado, du défunt Salif Diallo, de Simon Compaoré ou d’Ablassé Ouédraogo, une nouvelle manière de se faire entendre au Faso semble être la provocation. Avec l’annonce choc accompagnée d’une date fétiche de l’arrivée de Blaise Compaoré au Burkina, Nana Tibo est assurément dans la peau d’un fin provocateur. En politique et pour le tube digestif, tous les moyens semblent permis. Mais la provocation gratuite est l’arme des faibles, des résignés et des impuissants. Elle paie toujours en monnaie de singe.

Nana Tibo le provocateur

Marque de fabrique des lâches quand elle est faite pour offenser, la provocation dérange, perturbe et transgresse même ceux qui ont un calme olympien. Elle est souvent un vacarme ambiant qui en séduit certains, mais en horripile tant d’autres. On s’en offusque ou on s’en amuse.

Le président du Rassemblement démocratique populaire, Nana Tibo a rencontré samedi 16 août, l’ex président burkinabè, Blaise Compaoré à Abidjan

Dans le cas de Nana Tibo qui est allé à Bobo pour annoncer tambour battant le retour de son idole Blaise Compaoré, certains jeunes de Bobo l’ont obligé à arracher les posters de l’ex-président sur son véhicule puis l’ont accompagné hors de la ville. Pas parce qu’ils sont intolérants, mais parce que M. Nana a voulu être ignoble et outrancier. Comme du berger à la bergère, les jeunes ont voulu lui faire savoir qu’il n’avait pas le monopole de la provocation. La liberté d’expression est avant tout une responsabilité et non une pagaille bien conçue pour réveiller en chacun de nous le lion qui dort.

Dans ce sens, il n’était pas opportun qu’au moment où Blaise a fui puis renié son pays après sa mal gouvernance, Tibo ait choisi de pousser à bout certaines personnes. Tout le monde ne sait pas tendre la joue droite après avoir reçu une gifle sur celle de gauche.

En situation d’attaque, l’homme politique peut employer la stratégie du silence, du flou, de la contestation, puis de l’interprétation et enfin de la pondération. Nana Tibo a choisi la provocation sous forme d’expression lapidaire et de petites phrases assassines, faisant appels plus à l’émotion qu’au raisonnement. Comme un révolutionnaire, il rêve de rassembler derrière lui tous les mécontents afin de faire basculer le système Roch. Pire, il veut disculper Blaise et le rendre indispensable dans le processus de réconciliation et de développement du Burkina.

Pourtant, pendant 27 ans, il n’a pas voulu de la réconciliation et a créé un système pour vampiriser le pays. Comment peut-on alors souhaiter et organiser le retour – forcé – de l’enfant qui s’est délibérément banni? Ni notre tradition ni le bon sens ne le recommandent. C’est bien à ce niveau que Nana Tibo a fauté. Pendant que les Burkinabè pensent à leur avenir et s’organisent pour aller de l’avant, lui, Nana, veut ressusciter un passé douloureux!

Le véhicule de Nana Tibo avec des posters de Blaise Compaoré. Les jeunes de Bobo l’ont obligé à les arracher

Par une démagogie propre à M. Tibo, il fait des promesses de retour de Blaise, date à l’appui, sans indiquer comment leur mise en œuvre se fera. En fait, ce sont des informations erronées pour susciter la peur et créer le doute autour de lui. Sa provocation sert à attirer et à monopoliser l’attention des médias et de l’opinion publique, en suscitant délibérément un tollé. Son objectif est de créer la diversion. Car en politique, le scandale n’est jamais un hasard, mais toujours une stratégie.

Cette stratégie, M. Nana en a fait son style de vie et un fonds de commerce. C’est pourquoi, il bascule sur le terrain des émotions et du ressenti: la joie des CDPistes, la tristesse et l’indignation du peuple insurgé, la nostalgie des corrompus… Autant de flèches qui ambitionnent frapper le cœur des Burkinabè. Il sait que la provocation ne laisse jamais indifférent. Elle fait sourire, réfléchir ou agacer, mais il y a toujours un retour. Et ces petites provocations nourrissent l’espoir des nostalgiques de revenir sur le devant de la scène.

Mais Tibo et ses amis encourent un risque: dans leur zèle démesuré alimenté par l’argent, ils voudront toujours aller trop loin, trop en faire et finalement, ils se brûleront les ailes. En tout état de cause, l’avenir nous le dira.

Théophile MONE

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