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Les non-dits de François Compaoré

François Compaoré

De l’interview accordée par François Compaoré à nos confrères de Jeune Afrique, on peut retenir des non-dits qui cachent mal les objectifs de cet entretien publi-com.

Quand François Compaoré le ‘’petit président’’ comme l’avait surnommé Norbert Zongo, affirme sans coup férir «si j’étais si haï, je n’allais pas circuler à Ouaga sans gardes de corps…», de quel François Compaoré s’agit-il? Les Ouagalais sont mémoratifs que devant sa maison jouxtant l’avenue Charles de Gaulle, se dressait un véritable camp militaire. Les supporters de l’EFO, pourtant son équipe de foot de cœur, savaient très bien que pour assister aux entrainements de leur équipe dont le stade est situé en face de sa maison, ils devaient faire le grand détour à une certaine heure, car on ne pouvait pas passer devant la forteresse de François Compaoré.

Pendant l’insurrection, le nombre de morts par armes à feu le plus élevé provient de la garde de François Compaoré. Il avait bel et bien des gardes de corps en nombre suffisant et très souvent d’une méchanceté inégalable. Qui peut affirmer qu’il a déjà vu François Compaoré quelque part sans body guards? Personne! Il a joué avec le journaliste qui, certainement, ne connaît pas qui il était au Faso sous le règne de son frère aîné Blaise Compaoré.

On l’appelait le ‘’petit président’’ mais en fait il était devenu le vrai président, le grand président depuis qu’il a pu mettre hors-jeu le groupe de Salif Diallo, Simon Compaoré, Roch Kaboré. Il ne peut pas le dire, mais il n’ignore pas qu’il était un moment le concentré de toutes les haines et rancœurs des populations. Avec comme soubassement la mort par torture digne des tontons macoutes de son chauffeur David Ouédraogo, l’autodafé de Norbert Zongo, les passes droits de sa belle-mère Alizet Gando.

On peut le parier, si François Compaoré ne s’était pas mêlé aux affaires socio économico-politiques de son frère, peut-être que l’insurrection allait être gérée autrement. Les Burkinabè étaient moins fâchés contre Blaise que contre François Compaoré. Depuis la chute de Blaise Compaoré avec la liberté d’expression incompressible, des voix s’élèvent pour demander le retour de Blaise Compaoré, mais depuis là personne n’a noté le nom François Compaoré. Un signe qui ne trompe pas.

O. H.

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