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Nos amis valent plus que la politique

L’amitié et la famille sont des biens trop précieux pour être jetés aux orties pour des raisons éphémères. Pourtant, aujourd’hui, du fait des divergences ou des convictions politiques, certaines personnes n’hésitent pas à rompre définitivement leur vieille amitié avec les autres. Elles laissent la politique empoisonner leurs relations sociales et parfois familiales oubliant que celle-ci  est temporaire, mais que l’amitié, elle, est sacrée et indéfectible.

Respecter l’amitié et la différence de l’autre. Ne jamais permettre à la politique d’altérer en profondeur notre amitié avec les autres

Le libéral et le socialiste qui s’emportent sur les réseaux sociaux, dans les lieux de rencontres ou au quartier ne voient pas qu’ils sont coupables de la même erreur, celle qui consiste à laisser la politique submerger leur vie et déterminer les conditions de leur bonheur personnel.

Permettre à la politique d’altérer en profondeur un lien aussi important que l’amitié revient à donner aux politiciens beaucoup plus d’importance qu’ils ne le méritent. S’isoler, haïr les autres en raison de leurs opinions et les considérer comme indignes d‘être traités avec respect – tout ceci fait exactement le jeu de ce que le système politique souhaite vous voir faire.

Il ne faut pas laisser la politique prendre le contrôle de notre vie jusqu’à déterminer qui sont nos amis. L’intolérance politique entre amis finit par avoir des effets toxiques sur notre capacité à trouver de la valeur chez les autres.

Pourquoi vouloir que nos amis pensent exactement comme nous alors que nous avons besoin d‘entendre différents points de vue? Nous avons besoin des idées des autres. Même si nous ne partageons pas tout, nous pouvons toujours espérer mieux comprendre le monde en prêtant attention à ce que les autres ont à dire – avec sincérité, chaleur et honnêteté.

En fait, ce n’est pas une bonne idée de mettre fin à une ancienne amitié par loyauté «politique» envers un candidat ou un parti.

L’une des grandes tragédies de la politique réside dans ce qu’elle peut transformer des personnes naturellement pacifiques, loyales et amicales en ennemis farouches.

Aussi, si nous désirons voir advenir un monde meilleur où prévaudront la compréhension mutuelle et la paix, l’une des meilleures façons d’y parvenir consiste à vivre comme si ce monde existait déjà. Avant toute chose, ne jamais laisser la politique entraver des relations humaines enrichissantes.

Il ne faut donc pas  éradiquer de nos cercles d’amis ceux qui ont les opinions les plus éloignées des nôtres. Il ne faut pas opérer une sélection radicale de nos proches pour vivre dans une bulle homogène. Au contraire, il est bon d’aimer et de promouvoir le respect de la différence. Les débats sont une chance et non une menace. C’est de cette conviction que Voltaire dit que «Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis, mais je défendrai jusqu’à la mort ton droit de le dire.»

Tout ne doit donc pas nous opposer politiquement. Car quand les questions politiques débouchent sur des clivages de valeurs morales et culturelles, il revient à chacun de trouver ses propres limites. Chacun ne doit-il pas à son ami le respect de sa différence? Sachons donc placer l’amitié au-dessus de nos divergences de tout ordre.

Théophile MONE

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