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Nous faut-il un autre ‘’Sankara’’?

Sankara avait proclamé: «Tuez Sankara, mille autres Sankara naîtront!» C’est vrai, puisqu’après son assassinat, le sankarisme est né avec une kyrielle de partis dits sankaristes. Malheureusement, de cette flopée de leaders, aucun n’est parvenu à la cheville de Thom Sank pour prétendre incarner sa méthode. Près de 32 ans après sa disparition, ils sont toujours nombreux à se réclamer de son idéal. Le plus surprenant est que des jeunes, nés bien longtemps après la mort du président du Conseil national de la Révolution, parlent de l’homme et revendiquent son idéal. Mais personne ne veut consentir un petit sacrifice de la vie du chef de la Révolution démocratique et populaire. ‘’L’ahent’’ pour parler comme nos cousins, est devenu l’essence même de la vie. Le Burkinabè vit pour l’argent. Peu importe comment il le gagne.

Une longue file de camions (ph d’illustration)

C’est dans cette situation que le Burkina Faso est devenu un pays de chantages. Des fonctionnaires utilisent leurs outils de travail comme moyens de chantage. Des corps de métiers bloquent le fonctionnement du pays pour des bisbilles interpersonnelles. Passe encore si c’était l’ouvre d’écoliers. Mais non, les auteurs sont de solides gaillards avec leurs 32 dents dans la bouche (avec l’âge, certains doivent en avoir moins maintenant). Passe encore si c’était pour réclamer des arriérés de salaires. Mais non, c’est pour des promesses non encore tenues par le gouvernement (de gros rappels en perspective) et des ‘’pourboires’’.

Mais tout ça est la faute du gouvernement qui regarde et laisse faire. C’est parce qu’on a laissé certains faire que les autres s’engouffrent d’ans la brèche. Le plus méchant et cruel dans tout cela, c’est que ce sont les populations qui en pâtissent. Le pays vit au ralenti par la volonté de certains de ses fils qu’il a soignés, éduqués, recrutés et paie.

Il est plus que temps pour le pouvoir qui est groggy depuis son arrivée avec des revendications tout azimut de retrouver la lucidité et de taper du poing sur la table, advienne que pourra. Car il n’y a pas de Burkinabè au-dessus d’autres Burkinabè! Trop d’anarchie. Continuer de laisser faire, c’est conduire le pays à la ruine. Alors que nous devons le laisser pour les générations futures.

Alors, courageusement, il faut sévir. Celui qui ne veut pas travailler peut libérer sa place car il y a beaucoup de gens dans la rue. Par le passé, ceux qu’on peut considérer comme indispensables, parce qu’inculquant le savoir à tous et aux futures élites et dirigeants de ce pays, ont été licenciés de leurs postes par milliers pour moins que ça. Le Burkina n’en est pas mort, même si la mesure a produit des désastres.

Finalement, on se surprend à rêver d’un autre ‘’Sankara’’ pour le Burkina Faso. Yaa yaa boin?!

L’Impertinent

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