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Les nouvelles formes de tortures silencieuses

Dans un monde de concurrences impitoyables, d’intérêts, de menaces diverses et variées, dans cette jungle,  la torture apparaît partout comme un moyen de domination et de renseignements pour prévenir ou se protéger des ennemis. En ces temps de terrorisme, la torture peut vite  devenir une institution de l’Etat. Dans ce cas, l’on parle de la dimension politique de la torture. Une pratique qui a toujours fait débat en lien avec les droits de l’Homme.

Tortures physiques ou psychologiques, des moments de pures souffrances humaines

Chacun réagit avec son propre tempérament et ses catégories idéologiques aux horreurs qui se passent chaque jour dans le monde.

Sur le plan politique, la torture est la forme la plus directe, la plus immédiate de la domination de l’homme par l’homme, ce qui est l’essence même de la politique. Le tortionnaire reconnaît dans sa victime un homme puisqu’il entend l’obliger à parler, mais la parole de la victime ne doit être que ce qu’entend le bourreau. Celui-ci ne demande à la victime de parler que pour lui confisquer cette parole. Il est question de renseignements et de confessions. Ce qui n’est qu’un aspect de la politique de la torture puisque l’on peut vous faire avouer des crimes imaginaires.

les machines à torturer ne sont plus en vogue. Les tortionnaires ont inventé d’autres méthodes plus dégradantes, mais méconnues

Par son aveu, la victime fait beaucoup plus que donner un renseignement; elle reconnaît son bourreau comme maître et possesseur de sa parole, c’est-à-dire de son humanité. C’est la raison pour laquelle la violence physique, et les différentes formes de brutalité par lesquelles l’on s’efforce de faire parler ont fondamentalement changé.

En effet, aujourd’hui, les bourreaux se targuent d’employer des tortures propres sinon personnelles, ne laissant pas de trace. Par exemple, l’usage de l’électricité laisse moins de trace que l’arrachement d’un ongle ou d’une dent.

Un général israélien a même démontré qu’il n’est pas nécessaire de faire souffrir physiquement pour torturer. Contrairement aux vieilles méthodes, il expliquait que pour faire parler les Palestiniens, il n’était pas nécessaire d’employer la torture: il suffisait, par exemple, d’attacher un prisonnier à côté d’un cadavre d’hyène, animal suprêmement impur; c’est là en effet une forme de supplice que personne n’ose raconter.

 

Anciens équipements de tortures

La pratique de la torture, un débat de toujours

Toute dissidence, quelle que soit sa nature, peut pousser l’Etat moderne, aussi libéral soit-il, à user de la torture. Le policier ou le gendarme tortionnaire n’est pas simplement l’héritier et initiateur de son prédécesseur, il répète un comportement que d’autres peuvent répéter demain. Pratique judiciaire ancienne, la torture doit être étudiée aussi bien selon les règles qui en définissent, en limitent ou en interdisent l’application que par les circonstances historiques qui en ont facilité l’apparition ou la disparition.

Hier comme aujourd’hui, l’usage de la torture fait d’ébats, surtout en tant qu’instrument de l’Etat. Aussi tant qu’il y aura la toute-puissance de l’Etat, le meurtre et la trahison, il sera difficile d’abolir la torture.

Au nom des droits de l’homme

On le sait, la torture infligée à un être humain est un crime abominable. Surtout que «tout homme est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable». D’ailleurs, selon la Déclaration universelle des droits de l’Homme en son article 5: «Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.» Mais c’est justement la méconnaissance et le mépris des droits de l’Homme qui ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience humaine. C’est dire que le problème de la torture en lien avec les droits de l’Homme sera toujours d’actualité. Les individus et surtout les Etats sont interpellés. Il faut se rappeler que la vie humaine est sacrée et inviolable. Et nous devons la protéger.

Théophile MONE

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