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OGM: une marche pour dire non au haricot BT

«Marquer son désaccord à la production du haricot OGM annoncé au Burkina pour 2018, convaincre les Chefs d’Etat africains de demander l’amendement du traité de Rome pour l’introduction du crime d’écocide, convaincre les parlementaires européens et africains de refuser la ratification des Accords de partenariat économique et enfin annoncer une marche prévue pour mai 2018 au Burkina». Tels sont les quatre grands points qui ont amené le Collectif citoyen pour l’agro écologie (CCAE) à échanger avec la presse vendredi à l’espace du monde Napam Beogo.

Le présidium lors de la conférence

Consommé par plus de 500 millions de personnes de par le monde, le niébé ou haricot (benga en mooré) est une légumineuse fortement appréciée surtout au Burkina. Sous prétexte de protéger cette légumineuse des ravageurs, explique Ali Tapsoba, porte-parole du CCAE, des pays comme le Ghana, le Nigeria et le Burkina veulent introduire la toxine BT dans le néibé. Toute chose que le CCAE perçoit comme un moyen de privatiser les semences après l’échec du coton BT avec Mosanto. «Si aujourd’hui, l’Union européenne arrive à maîtriser la semence, à se l’approprier, c’est elle qui va désormais les vendre. Alors qu’au village, chacun a sa variété de haricot. Dans cette manipulation, les autres variétés vont disparaitre», a prévenu M. Tapsoba qui a précisé qu’en plus d’engendrer une intoxication alimentaire, cette «catastrophe sanitaire» en gestation va entraver aussi la diversité biologique et la vie microbienne des sols.

A cet effet, Ali Tapsoba a annoncé une marche contre Mosanto prévue pour mai 2018 en synchronisation avec «Food Souverainety» du Gnana pour dire Non au Niébé BT. Au niveau international, renseigne M. Tapsoba, cette marche a déjà le soutien du sénateur Joêl Labbé, des députés européens Michèle Rivasi et yannick Jadot et de plusieurs ONG dont l’association Ingalan en Bretagne.

Le porte-parole du CCAE, Ali Tapsoba

Aussi, l’écocide qui désigne tout acte de destruction important d’un écosystème qui menace la survie de l’espèce humaine en particulier et de l’humanité toute entière était aussi au menu des échanges. Afin de mettre un terme à cette menace, le CCAE compte mener un plaidoyer auprès des Chefs d’Etat pour amender le Traité de Rome afin d’introduire le crime d’écocide pour que tous ceux qui portent atteinte aux écosystèmes ne puissent plus rester dans l’impunité.

Accords de partenariat économique, une autre forme de colonisation

A l’instar de l’accord de partenariat transatlantique contre lequel les opinions publiques se mobilisent actuellement, les APE en cours de finalisation sont selon le CCAE, un instrument de marginalisation qui met en danger le développement de l’Afrique. Selon Ali Tapsoba, les APE méconnus par les populations sont un moyen pour l’Union européenne de ramener l’Afrique dans une autre forme de colonisation, de maîtriser le marché des Africains. «Sans droit de douane sur certains produits, les produits endogènes et l’économie seront étouffés», a averti M. Tapsoba.

Ainsi, foi de M. Tapsoba, «si nous voulons aujourd’hui une Afrique libre, indépendante et souveraine», il faut éviter à l’Union Européenne de se «fourvoyer dans une autre aberration économique». Pour cela, «nous appelons les parlementaires européens et africains à ne pas signer cet accord», a-t-il confié.

Madina Belemviré

 

 

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