Accueil » Nè Wendé » On ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu!

On ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu!

C’est muni de mon vieux fusil de chasse traditionnel, surnommé ‘’bougdandouille’’, une déformation des anciens combattants de l’expression «bougre d’andouille», et habillé dans une veste traditionnelle en cotonnade sur laquelle il y a des cornes, des griffes et des miroirs, legs de mon grand-père tirailleur sénégalais et qui, semble-t-il, lui auraient sauvé la vie face aux balles des Allemandes que moi Ne Wendé, sur ma mobylette BBCT, fendais l’air ce dimanche aux environs de 21h pour rejoindre l’avenue Kwame Nkrumah. Nè Wendé!

Et pour cause? J’avais été informé par quelqu’un que des terroristes étaient en train de commettre un attentat sur la plus belle avenue de Ouagadougou. Nè Wendé!

L’information a été amplifiée par l’intox selon laquelle il y a des «tirs nourris sur l’avenue Kwame Nkrumah». C’est ce «tirs nourris» qui m’a poussé à sortir. Nè Wendé!

Car pour moi-même, si on aime dire que l’assassin revient toujours sur les lieux du crime, il est grand temps que l’on montre à ces terroristes qu’il y a des garçons dans ce Faso. Et moi j’en suis un. Nè Wendé!

Une fois sur les lieux, le constat est décourageant: pas d’assaillants, pas d’impacts de balles. Alors, j’ai appelé son pote Mounafica pour lui dire de dire aux journalistes qu’il ne faut pas s’amuser avec le feu. On ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu. Nè Wendé!

En annonçant qu’il y a des tirs nourris, les intoxicateurs ont créé la panique, la hantise, les inquiétudes chez les populations. Entre des tirs de sommation et des tirs nourris, la différence est abyssale. Nè Wendé!

Or, il n’en était rien, selon des informations recoupées par Mounafica qu’il m’a communiquées. Certains parlent d’incident de tirs, d’autres de tirs de sommation pour faire stopper une fourgonnette qui avait l’air suspecte. Nè Wendé!

Le pays va mal; ça, tout le monde le sait, mais on essaie de faire avec. Le Burkina nation est en train de s’effriter avec les revendications régionalistes, parentales et familiales… Tout a commencé avec l’affaire général Djibrill Bassolé, puis un essai avec l’affaire Nathalie Somé et ses cadres du sud-ouest… Puis voilà la ville de provenance du général Gilbert Diendéré qui se met dans la danse pour faire pression sur la justice. Nè Wendé!

Le danger d’une division ethno-régionaliste plane sur le Faso. Si, dans tout ça, la presse n’ouvre pas l’œil et le bon, on va vers l’enfer prédit par le professeur Laurent Bado. Nè Wendé!

En paraphrasant Karl Marx, moi Nè Wendé je dis: «Populations du Faso, unissons-nous!» Nè Wendé!

Un commentaire

  1. merci pour cette dénonciation des médias chasseurs de scoops et donc plus le temps de vérifier.Question,si quelqu’un dans la panique se blesse gravement après avoir lu ‘les tirs nourris sur kwamé nkrumah,qui doit il poursuivre?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *