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ONG internationales: attention à l’arnaque

L’actualité internationale est marquée par la révélation de scandales à répétitions au niveau de l’ONG Oxfam. Des informations font état de cas de viols et de tentatives de viols au Soudan du Sud par des employés de cette ONG. Son personnel aurait aussi eu recours à des prostituées alors qu’il était en mission en Haïti après le tremblement de terre de 2010. Outre le Soudan du Sud et Haïti, le Tchad et le Liberia ont été concernés par les dérives de certains employés d’Oxfam. De son côté, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) dit avoir été confrontée à 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017 au sein de son organisation.

Ces révélations mettent à jour les agissements au sein de ces ONG internationales qui interviennent dans les pays sous prétexte d’apporter assistance et développement. Une occasion pour nous de revenir sur d’autres aspects qui s’apparentent à de l’arnaque.

La plupart de ces ONG proviennent de l’Occident. C’est encore de ce continent qu’elles reçoivent l’essentiel de leurs financements. Une des pratiques en cours dans ces ONG est le rapatriement des fonds reçus par le biais d’une retenue des sommes reçues pour servir comme «frais de gestion». Les montants des retenus varient d’une ONG à une autre. Ils peuvent atteindre 15% du montant du financement et ne font l’objet d’aucune justification.

Cet argent est rapatrié à leurs sièges en Occident. Outre ces retenues, ces ONG emploient dans les pays d’interventions des agents expatriés. Un grand écart existe entre les salaires de ce personnel expatrié et les nationaux qui occupent les mêmes postes.

En plus, ils emploient des assistants, placent des stagiaires de leurs pays d’origine dont les salaires, les frais de transport, de visas et de séjour sont supportés par le budget du projet.

Dans leur comptabilité, une ligne est réservée pour les «voyages internationaux». Cette pratique consiste à donner du travail à des personnes résidents dans les pays d’origine de ces ONG, à financer les études et les projets de recherche d’étudiants occidentaux qui, une fois au pays, se présentent comme des spécialistes de l’Afrique.

Une autre manière de rapatrier l’argent dans les pays d’origine est le recrutement d’experts internationaux dans les pays d’origine de ces ONG pour suivre ou auditer les projets en Afrique. Tout se passe comme si les pays d’intervention manquaient de compétences pour ces activités. Une bonne partie des financements reçus pour venir en aide aux pays dits non développés sert à développer les pays d’origine de cet argent.

Dénonçons enfin la concurrence que ces ONG internationales font aux ONG nationales dans l’accès à certains financements locaux. Présentement, la grogne monte au niveau des ONG nationales qui interviennent dans le domaine de la lutte contre le VIH Sida. Suite à un appel d’offres lancé par le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, des ONG internationales, qui bénéficient de financements de leur pays d’origine, auraient postulé au même titre que des nationales.

Avec les pratiques en cours dans les ONG internationales, une bonne partie des financements sera inscrite au «frais de gestion».

A K

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