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Opération caisses vides du SYNTSHA: un constat étonnant dans les hôpitaux de la capitale

Malik Djébré, le DG du Centre universitaire pédiatrique Charles de Gaulle
Des agents de recouvrement à Yalgado Ouédraogo

Le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), au regard du mutisme du gouvernement après leur grève des 23 et 24 mai 2018, a adopté un mot d’ordre «d’opération caisses vides» allant du lundi 11 juin 2018 à 7h au lundi 18 juin 2018 à 7h. Durant cette période, les travailleurs doivent offrir gratuitement leurs prestations aux patients. Nous avons fait un tour dans les hôpitaux de la capitale ce lundi 11 juin 2018 pour constater de visu l’application du mot d’ordre. Mais il y a plus de peur que de mal.

Une patiente payant à la caisse son ordonnance

Il était 10 heures ce lundi 11 juin 2018 quand nous avons eu accès au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle. C’est le 1er jour de la mise en œuvre de « l’opération caisses vide » du SYNTSHA. L’objectif des syndicats vise à dénoncer le mépris du gouvernement tout en exprimant, si besoin en était, le caractère citoyen de leurs revendications et luttes qui ne sont nullement dirigées contre les patients, bien au contraire.

Dans cet hôpital, « l’opération caisses vides » ne semble pas être un succès. En effet, à l’entrée de l’établissement sanitaire, le service «accueil et renseignements» est ouvert. A l’intérieur des services visités (urgences, traumatologie, ophtalmologie, ORL, neurochirurgie), tout fonctionne normalement comme les autres jours. Et selon le Directeur général, Malik Djébré, «il n’y a pas de chance ici pour faire cette opération» car poursuit-il, pour avoir accès à la salle il faut obligatoirement passer à la caisse. Le patient n’a pas directement accès au médecin-soignant. Pour vérifier cette affirmation du DG, nous avons accosté un patient qui, sous anonymat, nous a présenté un reçu de caisse après payement.

Hamadi Konfé, secrétaire général de la sous-section SYNTSHA du CHU-YO

Outre le l’hôpital pédiatrique, nous nous sommes rendu au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo vers 12h. Un tour au niveau des différents guichets de payement prouve également la continuité des services. L’on y constate effectivement la présence des agents de recouvrement, très actifs et habillés en blouse orange. Une stratégie que la sous-section du SYNTSHA juge illégale. «La présence des agents de recouvrement fait que le mouvement ne peut pas être suivi à la hauteur de nos attentes, mais la grève est suivie parce qu’elle a obligé l’administration à adopter d’autres mécanismes», nous a confié Hamadi Konfé, secrétaire général de la sous-section SYNTSHA du CHU-YO.

Pour lui, malgré le déploiement des agents de recouvrement, tous les patients ne payent pas les frais de consultation ni d’examen. «Les malades qui n’ont pas l’information se sentent obligés d’y aller, mais il y a des patients qui ne payent pas les frais. D’ici ce soir, nous allons nous concerter sur les mesures à adopter».

A en croire M. Konfé, le SYNTSHA reste déterminé et entend mener d’autres actions de luttes pour la satisfaction de sa plateforme revendicative si toutefois le gouvernement ne réagit pas après cette semaine d’opération caisses vides. Pour l’instant, tout va pour le mieux dans les services de santé.

Omar Idogo

Un commentaire

  1. ces « gens » là ont l’habitude de naviguer à contre-courant. je ne sais pas pourquoi le gouvernement s’évertue à vouloir faire marcher ces « gens » là sur les pieds alors que ce qui les convient le mieux, c’est de marche sur la tête. ils doivent comprendre que leur « boulangerie est grippée.

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