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Orpaillage: l’ORCADE envisage des actions fortes pour encadrer cette activité qui met en péril l’agriculture familiale

L’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) a procédé, ce lundi, au lancement des actions visant à accompagner le ministère des Mines et des Carrières à relever les défis de l’organisation et de l’encadrement de l’orpaillage et à sensibiliser les orpailleurs et les agriculteurs sur la nécessité de la pratique concomitante de l’orpaillage et de l’agriculture familiale. C’était lors d’une conférence de presse.

Le directeur exécutif de l’ONG ORCADE, Jonas Hien

«Quand vous demandez à un orpailleur de faire un choix entre l’activité d’orpaillage et l’agriculture familiale, le choix est clair: l’orpaillage», a constaté le directeur exécutif de l’ONG ORCADE, Jonas Hien. La raison de ce choix est toute simple. «Il estime qu’il peut gagner tout de suite et maintenant beaucoup d’argent comparativement à l’agriculture où il peut faire plusieurs années sans pouvoir vendre ses céréales», a-t-il commenté.

Au Burkina Faso, depuis quelques années, la pratique de l’exploitation artisanale de l’or communément appelée «orpaillage» est très développée et touche l’ensemble du territoire national.

Bien qu’étant une source de revenus pour plusieurs familles, cette activité, a noté Jonas Hien, met en péril les cultures vivrières qui participent à l’alimentation des populations des campagnes et des villes, au regard de l’abandon de l’agriculture par les jeunes et les femmes au profit de l’orpaillage.

Les participants à la conférence de presse

Cet état de fait a interpellé l’ORCADE qui, dans le cadre du projet de recherche action, a décidé de réfléchir sur comment continuer à faire l’orpaillage tout en ne perdant pas de vue la nécessité de garder l’agriculture comme le socle de l’économie. Une étude sur l’impact de l’orpaillage sur la sécurité alimentaire a donc été commanditée courant 2017 et a relevé la nécessité d’un plaidoyer pour une organisation et un encadrement de l’orpaillage.

Il faut noter que le gouvernement a également pris le problème à bras-le-corps en créant à travers le ministère des Mines, une Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et sémi-mécanisées (ANEEMAS). «Nous pensons que c’est une très bonne chose que nous devrons encourager et accompagner», a révélé M. Hien qui a salué le début d’opérationnalisation de cette agence qui a été officiellement lancée par le ministère des Mines le 3 mai dernier lors du forum national sur l’artisanat minier.

Conformément aux conclusions de l’étude, l’ONG ORCADE envisage d’une part, faire un plaidoyer afin que l’ANEEMAS soit opérationnalisée de façon intégrale à travers des moyens conséquents pour réussir ses missions.

D’autre part, l’ONG entrevoit d’aller vers les orpailleurs pour les sensibiliser sur la nécessité de réinvestir leurs revenus tirés de l’orpaillage dans l’agriculture familiale en attendant les mesures fortes de l’Etat pour une mécanisation de cette agriculture.

Cette sensibilisation consistera à organiser et à animer des émissions radiophoniques sur des radios locales dans six régions du Burkina notamment les régions de la Boucle du Mouhoun, de l’Est, du Sahel, du Nord, du Centre-Nord et du Centre-Sud.

Madina Belemviré

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