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Ouverture de la 1ère session ordinaire de 2018: Alassane Bala Sakandé invite les Burkinabè à rester optimistes face aux défis

Le coup de maillet, consacrant l’ouverture de la 1ère Session ordinaire de l’année 2018, a été donné ce mercredi 7 mars, par le Président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé. La cérémonie y relative a été marquée par l’exécution de l’hymne national, un temps de recueillement, la validation des mandats de deux députés et le discours du Chef du Parlement. Il s’est prononcé, dans son intervention, sur divers sujets au nombre desquels: l’attaque terroriste du vendredi 02 mars, les mutations nationales et internationales ainsi que des réformes à entreprendre pour une meilleure gouvernance.

La cérémonie d’ouverture de cette session ordinaire, appelée session des lois, s’est faite avec 110 votants. Côté gouvernement, c’est le ministre d’Etat auprès de la présidence, Simon Compaoré, qui a représenté le Premier ministre. Il était accompagné de plusieurs ministres. Comme à l’accoutumée, les Représentations diplomatiques et consulaires ont été présentes. Le public et les agents parlementaires ne se sont pas fait prier pour honorer ce rendez-vous.

C’est devant cette «auguste assemblée» que le Président de l’Assemblée nationale (PAN) a livré son discours. Il a introduit son propos en évoquant l’assiduité des députés lors des séances plénières. A la suite d’un constat peu reluisant de la régularité de certains élus aux travaux, Alassane Bala Sakandé a souhaité qu’un terme soit mis à l’absentéisme au cours de cette session qui s’ouvre. Sur ce point, il a salué l’exercice de redevabilité auquel se sont soumis des députés au cours de l’intersession.

 

Soyons fiers de nos FDS

Se prononçant sur les mutations qui ont cours à l’international, le Chef du Parlement dit regretter «la poussée d’égoïsmes nationaux, la militarisation des frontières et les politiques de restriction à la libre circulation des personnes et des biens qui continuent de déstabiliser le droit social et humanitaire». Le sort réservé aux migrants, contraints à certains lieux «au commerce avilissant dans des marchés aux esclaves» a été pointé du doigt par le Président Sakandé.

L’attaque terroriste du vendredi 02 mars 2018 a été un sujet sur lequel il s’est particulièrement appesanti. Après avoir convié l’assistance à une minute de recueillement en mémoire des disparus, Alassane Bala Sakandé a caractérisé, avec toute la fougue qu’on lui connaît, l’œuvre des «prédicateurs de la mort». Il s’est aussi laissé aller à un sursaut de «fierté», toujours à propos de ladite attaque: «Il est des moments douloureux qui suscitent néanmoins des sentiments de fierté. (…) comment ne pas glorifier, célébrer et exalter l’exploit, la vaillance et l’abnégation des policiers, gendarmes et militaires qui sont parvenus à neutraliser les assaillants malgré l’effet de surprise?».

Invitant chaque Burkinabè à faire sienne la lutte contre le terrorisme, le Président Sakandé a rassuré que: «Notre victoire est inéluctable parce que les bons triomphent toujours des méchants».

Dans ce discours, il a aussi été question de la situation économique et sociale du Burkina Faso. A tous les niveaux, Bala Sakandé s’est montré optimiste. Les perspectives au plan économique avec la hausse des cours de l’or et du coton devront, selon lui, consolider la croissance économique. «Mais cette croissance économique ne doit pas être une simple rhétorique, un simple lexique, dont se gargarise l’élite politique et administrative déconnectée des masses populaires» a-t-il relevé et d’ajouter aussitôt que cette embellie «doit, dans l’urgence, servir à offrir aux masses laborieuses une eau saine à boire, des centres pour se soigner, des écoles pour instruire leurs enfants et des maisons pour se loger décemment».

Le Président de l’Assemblée a salué le compromis que les acteurs sociaux ont pu trouver avec le gouvernement, tout en exhortant les différentes parties à «garder l’esprit ouvert au dialogue et à la concertation. Je formule le vœu que la conférence générale des forces vives devant traiter du système de rémunération aboutisse à des résultats concluants».

 

Des réformes pour mieux contrôler l’exécutif

S’il y a un sujet qui semble ne pas donner satisfaction au PAN, c’est bien celui relatif à la suite que le gouvernement donne aux recommandations contenues dans les rapports des enquêtes parlementaires. Le Président Bala Sakandé a informé que lors de l’intersession, les Comités de suivi des recommandations des commissions d’enquêtes parlementaires, créées en 2016, ont beaucoup travaillé. Aux sortir de leurs travaux, le constat n’est guère reluisant: «De l’audition du gouvernement par le comité de suivi sur la gestion des titres miniers et de la responsabilité sociale des entreprises minières, il ressort que 49% de nos recommandations ont été mises en œuvre à la date du 15 février 2018.

Le comité recommande entre autres au gouvernement d’accélérer la prise des arrêtés sur le fonds de préservation et de réhabilitation. Le comité de suivi de la Commission d’enquête parlementaire sur le foncier urbain a pu constater avec regret que seulement 10% des 77 recommandations connaissent un début de mise en œuvre». Là-dessus, le Chef du Parlement a martelé que «Le gouvernement devra s’expliquer publiquement sur cette situation devant la représentation nationale». Ce n’est pas tout.

Le Président Sakandé a souhaité aussi qu’une réflexion urgente soit menée autour de deux réformes majeures dans le contrôle de l’action gouvernementale: consacrer plus de temps aux séances de questions orales afin de mieux prendre en compte les préoccupations des populations et des élus; rendre les ministres désormais individuellement responsables devant la représentation nationale.

 

4,5 milliards pour le Plan stratégique

L’intersession, selon le Président Sakandé, a vu la finalisation du plan de travail consolidé à l’intention de certains de nos partenaires que sont l’Union européenne, la Suède et la Coopération Suisse. «Dans ce cadre, l’Union européenne et l’ambassade de Suède ont décidé de mutualiser leurs fonds dans un panier commun à hauteur d’environ quatre milliards cinq cent millions (4.500.000.000) FCFA au profit de la mise en œuvre du Plan stratégique 2016–2020 de l’Assemblée nationale». Il a ajouté qu’«avec l’appui de nos partenaires que sont le PNUD et le Centre parlementaire canadien, au total, ce sont 93 députés des différentes commissions générales et 91 agents parlementaires qui ont renforcé leurs capacités au cours de cette intersession. C’est le lieu pour moi de réitérer mes sincères gratitudes aux différents partenaires dont le concours si précieux a permis la matérialisation de ces formations».

Bala Sakandé souhaite que «la démocratie devienne un ensemble de réponses aux attentes légitimes des citoyens plutôt que de demeurer une source d’interrogations, de déceptions, de ressentiment, voire de révolte». Pour ce faire, il a invité les députés à une réflexion autour d’un questionnement: «Doit-on continuer de nous complaire dans des comportements politiques qui conduisent nos populations à désespérer chaque jour davantage de la démocratie? Doit-on continuer de rester indifférent à la désaffection croissante des jeunes pour la politique? Doit-on continuer avec des pratiques qui poussent les citoyens à se demander «à quoi sert un député», «à quoi sert un Parlement»?

C’est à la suite de cette invite à la réflexion que le Président de l’Assemblée nationale a clos son discours, non sans souhaiter une bonne fête du 08 mars aux femmes. A ce propos, il a dit aux femmes que: «Toutefois, il faut bien convenir que cette participation de la femme à la gestion des affaires publiques ne se décrète pas. Elle doit être la résultante de la détermination des femmes d’abord, décidées à s’assumer et à occuper toute leur place au sein de la société. Bien entendu, l’engagement des femmes en faveur de leur émancipation doit se conjuguer avec les efforts de tous».

La plénière de ce jour a connu la validation des mandats de deux députés. Il s’agit de Phebe Dorcas Ouédraogo née Compaoré, élue du MPP/Kadiogo, et de Seguenogo Salamata Ouédraogo du MPP/Sanmatenga. Elles remplacent respectivement Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marchal et Bachir Ismaël Ouédraogo, appelés au gouvernement.

DGM/Assemblée nationale

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