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Panel de haut niveau sur la problématique du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines

Un panel de haut niveau sur la problématique du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines s’est tenu ce 10 décembre à Manga. Présidé par la première dame du Burkina, Mme. Sika Kaboré, ce panel a connu aussi la présence remarquée de certains membres du gouvernement. L’objectif, a précisé l’épouse du chef de l’Etat, c’est d’interpeler les autorités sur le drame que vivent ces filles victimes des pratiques traditionnelles néfastes à savoir le mariage précoce, et les mutilations génitales féminines.

Les participants au panel dont le ministre d’Etat auprès de la présidence du Faso, Simon Compaoré et celui de la Défense, Jean-claude Bouda
Le présidium lors du panel, avec, au milieu, la première dame du Burkina

Les pratiques traditionnelles néfastes ont la peau dure au Burkina. Ce n’est un secret pour personne, puisque malgré le combat que mène le Burkina Faso contre les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants, le phénomène persiste. «Parmi ces pratiques qui occasionnent un lourd tribut aux femmes et aux enfants, a rappelé la première dame, il y a les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants. En dépit des efforts du gouvernement et des Organisations de la société civile, la prévalence de ces pratiques reste toujours très forte dans notre pays», a-t-elle déploré. En effet la prévalence des mutilations génitales féminines (MGF) reste élevée chez les enfants de 0 à 14 ans dans la région du Centre-Sud, soit 7%. Elle serait comprise entre 50 et 60% chez les femmes de 15 ans et plus dans la province du Zounwéogo, selon les résultats de l’évaluation des plans d’actions 2009-2011-2013 des MGF.

Simon Compaoré, présent à la cérémonie, a félicité cette initiative

Quant au mariage d’enfants, les statistiques indiquent que la prévalence des filles qui se marient avant leur âge de 18 ans est de 51,6%, faisant de notre pays le 5èmedans le monde en matière de mariage d’enfants. Ces statistiques rappelées par la première dame montrent que la gravité de la situation est vraiment critique au Burkina et plus principalement à manga. Pourtant, les graves conséquences sur le plan sanitaire, psychologique et mental de ces pratiques peuvent conduire à la stérilité, à la déscolarisation et à la mort des jeunes filles et des femmes. C’est en raison de la persistance de ces pratiques et de leur gravité que le groupe d’action de lobbying et de plaidoyer (Galop), un groupe présidé par la première dame et composé de, l’épouse du président de l’Assemblée nationale, des épouses des membres du gouvernement et d’institutions nationales et internationales avec l’appui de la société civile, a décidé d’apporter sa contribution à leur éradication.

Le ministre d’Etat auprès de la présidence du Faso, Simon Compaoré, présent à la cérémonie, a félicité cette initiative qui vise à lutter contre les mariages d’enfants et les MGF au Burkina. «Je suis d’accord avec ce combat que les femmes ont engagé parce que moi-même j’ai deux filles et j’ai refusé qu’elles soient excisées», a-t-il confessé. Il a ajoute «J’ai dû aussi attendre qu’elles aient au minimum 18 ans pour pouvoir se marier. Et je récolte le bénéficie à l’heure actuelle. Je vois que ces femmes ont raison de mener cette lutte qui vaut la peine d’être menée». Le ministre a même rassuré qu’au  niveau du gouvernement, tout est mis en œuvre pour accompagner de telles initiatives.

Hamadou Ouèdraogo

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