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Partage de l’héritage: les veuves et des orphelins sont les premières victimes après le décès de l’homme

Dans le but de mettre en exergue les forces et les faiblesses des textes relatifs à la succession au Burkina en vue de formuler des suggestions pour une amélioration de sa gestion, l’Association des jeunes pour la promotion des orphelins (AJPO) a organisé mardi dernier, un panel sur les droits successoraux.

Le président du Conseil d'administration de AJPO
Le président du Conseil d’administration de AJPO
Le présidium du panel
Le présidium du panel

La succession est la manière de transmettre les biens du défunt à ses héritiers telle que prévue par la loi sous condition d’accomplir les formalités exigées tels que le mariage civil. Malheureusement au Burkina Faso, nombreuses sont les veuves qui voient toujours leur droits bafoués après le décès de leur conjoint.

C’est dans ce sens que l’AJPO a organisé ce panel qui se veut selon le président du Conseil d’administration, Zio Babou, un cadre d’expression des acteurs de la société civile pour mettre en exergue le code des personnes et de la famille en sa partie succession. «Etant dans une structure de protection sociale, nous avons constaté sur le terrain qu’après le décès de l’homme, les premières victimes sont les femmes et les enfants», a-t-il confié.

Au regard de cette situation, l’Association a décidé de se pencher sur deux thèmes. «La succession au Burkina: états des lieux et perspectives», et «Quelles limites dans l’application des textes relatifs à la succession et quelles solutions envisagées» qui ont été animés respectivement par les juges Julie Rose Ouédraogo et Charles Ribgoalinga, tous les deux magistrats à la Cour d’appel de Ouagadougou.

Julie Rose Marie,magistrat a la Cour d'appel de Ouagadougou
Julie Rose Marie, magistrat a la Cour d’appel de Ouagadougou

Pour le premier thème, Julie Rose Ouédraogo a noté qu’il existe deux sortes de succession. La succession testamentaire qui consiste pour une personne de son vivant, de procéder au partage de ses biens et la succession légale qui survient quand la personne n’a pas rédigé de testament.

Charles Ribgoalinga,magistrat a la Cour d'appel de Ouagadougou
Charles Ribgoalinga, magistrat a la Cour d’appel de Ouagadougou

Sur ce point, la juge Ouédraogo a relevé l’ignorance de certaines personnes sur la règlementation en matière de partage de l’héritage. La sensibilisation, a-t-elle estimé, est donc importante pour informer les gens de l’existence de la loi qui organise ce partage. «Tant qu’il n’y a pas de conflit, la loi ne se mêle pas. Mais quand il y a conflit, quand la veuve ou l’orphelin se sent brimé par le partage opéré hors la loi, en ce moment la personne brimée peut saisir la justice qui va se référer aux dispositions légales pour le partage», a-t-elle éclairé.

Pour la deuxième communication, Charles Ribgoalinga dans son adresse a confié que la survivance des questions religieuses et les pesanteurs sociologiques supplantent la loi et créent assez de difficultés dans la question de succession. En application des coutumes et des religions, a-t-il souligné, certaines personnes reconnues héritières par la loi en sont exclues et d’autres personnes qui ne peuvent pas avoir ces qualités sont admises. «Dans ce cas, il appartient de son avis aux personnes lésées de saisir la juridiction afin que si elles ont été irrégulièrement exclues, qu’on puisse leur reconnaître cette qualité», a-t-il soutenu.

Les conclusions issues de ce panel seront transmises selon Babou Zio aux autorités. En rappel, l’APJO qui est à sa 26ième année est une structure qui intervient d’une manière générale dans le domaine de la protection sociale pour le mieux être des personnes vulnérables dont les femmes et les orphelins. Elle intervient dans trois régions du Burkina, le Centre, le Centre-sud et l’Est.

Madina Belemviré

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