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Pascal Zaïda, le poil à gratter du pouvoir!

Pour un âne enlevé, deux voleurs se battaient, avions-nous appris à l’école primaire. On peut inférer en disant que pour un meeting annulé, deux camps se battent. Celui de Pascal Zaïda et celui de la mairie de Ouaga. Sans le vouloir, la mairie a donné forme et fond à Pascal Zaïda et son groupe en lui interdisant l’organisation d’un meeting pour redire ce que le tout Burkina sait et vit, c’est-à-dire la pauvreté, la morosité des affaires, le terrorisme, les attaques incessantes, la justice qui ne semble pas juste, la malgouvernance… Bref, un résumé simple des dures réalités du Faso aujourd’hui.

Et dans ce Burkina où le désespoir prend de plus en plus de place dans les esprits, la mairie a ainsi créé un porte-voix qui ne pourrait l’être dans une situation différente. L’exemple récent de la demande de marche de protestation contre la liberté provisoire accordée au général Djibrill Bassolé démontre à souhait que comme Blaise Compaoré et Golf, jamais au courant des  situations difficiles, la mairie de Ouaga n’a pas de grandes oreilles.

Des OSC, oubliant que plus rien ne sera comme avant, ont voulu mobiliser les populations pour contrer la décision de justice concernant Djibrill Bassolé. Ça été un flop et Né Wendé, tout hilare, disait qu’il a bien aimé la sortie d’un des responsables d’OSC qui, voulant justifier la non mobilisation des Ouagalais à leur cause, a dit: «…même si nous ne sommes que 2, nous allons marcher…»

Ce qui s’est passé pendant l’insurrection et le coup d’Etat manqué peut et doit inquiéter tout pouvoir. Normal! Mais il faut reconnaître que les Burkinabè sont fatigués de marcher et protester… Ils veulent maintenant les fruits de leurs luttes pour un bien-être social. Surtout que beaucoup de jeunes insurgés ont constaté amèrement que la vie des responsables d’OSC a positivement changé; à contrario, la leur va de mal en pis. Ça ne ment pas.

Ces détails devraient être en possession de la mairie de Ouaga. Hélas, elle a été frileuse et voilà une vedette est née, Pascal Zaïda. Alors que s’il avait organisé son meeting, il en serait aujourd’hui à réfléchir sur d’autres voies de communication, mais plus jamais une tentative de grand regroupement de personnes.

Il se base sur la marche-avorton des OSC anti-liberté provisoire de Djibrill Bassolé pour braver la république avec certainement derrière la tête le souhait que l’on interdise son activité. De la sorte, il ne va pas connaître le même flop que les autres. La mairie devrait faire comme ce qu’on prête à feu le général Ali Saibou, ancien président du Niger, quand des syndicats ont voulu faire une marche-meeting pour dénoncer la vie chère.

Il nous a été dit que le général aurait donné l’ordre de positionner le maximum de sachets d’eau sur le trajet des marcheurs, de sorte que personne ne s’écroule par déshydratation et il aurait même ajouté que n’eût été sa fonction, il ferait partie de la marche.

Le maire Béoindé doit s’en inspirer pour que Pascal Zaïda ait les commodités d’un meeting. Car comme  Zaïda, lui aussi est excédé par les attaques incessantes des terroristes, même s’il ne pense pas comme Zaïda qu’il faut aller négocier avec les saigneurs des populations.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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