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Le PCRV veut-il sortir du bois?

Plus un tapis a des couleurs, plus il est beau, dit-on. En appliquant cela à la vie politique, peut-on dire que plus un pays a des partis politiques plus sa démocratie est vivace? D’aucuns pensent que le nombre élevé de partis politiques dans les pays africains répond plus à une affaire d’être tête de rat plutôt que queue de lion.

Le Burkina Faso vient d’enregistrer, ce week-end, la naissance d’un nouveau parti politique dénommé «Alternative patriotique panafricaine (APP/Burkindi). Son premier responsable n’est personne d’autre qu’Adama Coulibaly, actuellement enseignant de philosophie en France. Qui est Adama Coulibaly?

Au cours de l’assemblée générale constitutive, il a été présenté comme un ancien militant de l’Union générale des étudiants du Burkina (UGEB). Mais ce n’est pas tout. Pour ceux qui ont vécu le temps de la Révolution sur le campus universitaire de Ouagadougou, ils se souviendront qu’Adama Coulibaly que certains appellent ‘’korô’’ et les autres membres du syndicat des étudiants étaient foncièrement contre les CDR à l’Université de Ouagadougou.

En son temps, on les taxait de rouler pour le PCRV, le Parti communiste révolutionnaire voltaïque, qui estimait que la Révolution du 4-Août n’en était pas une. Il lui manquait l’aspect hautement important qui est le soulèvement populaire, alors que la Révolution a été menée par un groupe de militaires.

En son temps, la bataille était rude mais les étudiants n’avaient pas cette manie actuelle de se gourdiner ou de se machetter. L’usage restait à la force de l’argument et, sur ce plan, Adama Coulibaly savait tchatcher aux côtés de feu Bouyir Somé.

Les responsables CDR de l’Université qu’étaient les regrettés Félix Kabré et autres Christophe Béouindé, l’aîné du maire de Ouagadougou, avaient des difficultés à tenir la dragée haute face aux responsables de l’UGEB. Le temps a coulé, la Révolution est passée et à plusieurs reprises les responsables du CDP n’ont cessé de demander à ce que le PCRV sorte du bois pour se présenter officiellement au lieu rester dans la clandestinité et inonder le pays avec des tracts qui portaient le nom «Bugparga» (L’étincelle en mooré). Rien y fit et ce pendant longtemps.

Le mur de Berlin est tombé, l’URSS s’est éclatée, l’Albanie d’Enver Xosa, qui était l’exemple, a montré au grand jour que c’était loin d’être le paradis terrestre. Les grandes idéologies s’entremêlent aujourd’hui. On ne sait plus exactement qui est capitaliste bon teint et qui est communiste rouge vif.

Ceci expliquant peut-être cela, le PCRV a commencé à sortir le nez au Faso avec d’abord l’ODJ de feu Tibiri Koura, et voilà maintenant l’APP/Burkindi d’Adama Coulibaly qui se donne pour leitmotiv le changement générationnel des responsables politiques du Faso dans un patriotisme empreint de panafricanisme.

La grogne sociale est-elle le signe précurseur? Attendons de voir.

O. H

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