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Période de pointe énergétique 2018 au Burkina: les mesures de la SONABEL pour y faire face

Ce vendredi 09 mars 2018 à Ouagadougou, les premiers responsables de la SONABEL ont rencontré les hommes des médias pour leur faire part des mesures prises pour gérer la période de pointe et donner par la même occasion le programme indicatif de délestages dans les grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Cette rencontre a dû être décalée du 3 au 9 mats pour cause d’attaques terroristes.

Les responsables de la SONABEL lors de la conférence de presse

Porter l’information juste et vraie à la connaissance du public sur la gestion de la période de pointe 2018, c’était l’objet de la rencontre d’échanges qui a réuni les responsables de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et les journalistes ce 9 mars 2018 à Ouagadougou, à l’Hôtel Somkiéta. Selon le jargon des électriciens, cette période de pointe est le moment où la demande en énergie électrique est la plus élevée de l’année. Au Burkina, elle va de mars à juin.

François de Salle Ouédraogo, DG de la SONABEL

« Malgré les investissements consentis par l’Etat, le sous-secteur de l’électricité est confronté à un déséquilibre persistant entre l’offre d’énergie et une demande de plus en plus forte dont le taux de croissance annuel est d’environ 13% », selon le Directeur général de la SONABEL, François de Salle Ouédraogo.

Des efforts, mais des retards dans l’exécution de certains travaux

En dépit de l’augmentation du niveau d’importation d’énergie de la Côte d’Ivoire qui a atteint une puissance moyenne de 70 MW en 2017, «nous sommes toujours en situation de déficit malgré la réhabilitation de 5 groupes thermiques qui ont permis d’avoir une puissance de 30 MW», a reconnu le Directeur général.

Assisté de ses plus proches collaborateurs, monsieur Ouédraogo a expliqué que «le projet d’interconnexion Bolgatanga-Ouagadougou était attendu dans le cadre de la gestion de la pointe 2018». La preuve, a-t-il rappelé, «ce projet devrait à terme, contribuer à satisfaire 25% de la demande actuelle d’énergie du Burkina Faso. Concrètement, il devait augmenter l’offre de puissance de la SONABEL de 100 MW». Mais si du côté burkinabè les travaux sont achevés depuis décembre 2017, il n’en est pas de même de la partie ghanéenne dont les travaux ont connu un grand retard. Les visites de chantier indiquent d’ailleurs que les travaux ne seront pas achevés avant mai 2018.

S’ajoute à cette situation la faible pluviométrie enregistrée en 2017 qui n’a pas permis de remplir nos barrages. Toute chose qui limite fortement leur apport dans la gestion de la période de pointe 2018.

Une partie des hommes des médias présents à la conférence de presse

Quant à l’apport de la nouvelle centrale solaire photovoltaïque de Zagtouli , les premiers responsables de la SONABEL rassurent qu’elle injectera sa pleine capacité sur le Réseau national interconnecté pendant la période critique. Toutefois, reconnaissent-ils, «son appoint ne sera perceptible que dans la journée».

Peut-on alors espérer qu’en 2019, avec l’interconnexion Bolgatanga-Ouagadougou, il y ait enfin un parfait équilibre entre l’offre et la demande? ont demandé les journalistes. «Assurément», a répondu le DG de la SONABEL, à condition qu’il n’y ait plus les fortes demandes en électricité que connaît le pays. Or, le Burkina n’est qu’à 19% du taux d’électrification sans oublier que les investissements sont lourds et très coûteux avec plusieurs intervenants. Malgré donc les efforts de l’Etat, l’on ne peut pas exclure en 2019 des difficultés dans la gestion de l’électricité.

Un déficit de 50 MW pour la pointe de 2018

Face à cette situation et dans le souci de réduire le déficit et les effets inconfortables induits par le rationnement de la desserte d’énergie dans les grands centres de communication, la SONABEL a pris les dispositions suivantes:

  • lancer une campagne de communication sur le déficit prévisionnel, l’efficacité énergétique et la maîtrise de l’énergie;
  • sécurisé l’approvisionnement des centrales combustibles;
  • sécuriser et fiabiliser les réseaux de transport et de distribution;
  • coopérer avec certains auto-producteurs.

Les réflexes d’économie d’énergie et les excuses de la société

Le Directeur général a lancé un appel aux usagers de l’électricité à «cultiver les réflexes d’économie d’énergie dans les foyers et les lieux de travail» afin de mieux gérer cette période délicate de pointe. Par ailleurs, il tient à s’excuser au nom de la société, pour les différents désagréments occasionnés par ces mesures de rationnement de l’énergie.

La SONABEL espère que les auto-producteurs, ceux qui ont des capacités de production autonome et  qui sont raccordés au réseau, ne le feront pas pendant les périodes critiques. Car cela permettra de disposer d’une vingtaine de MW qui peuvent être mis à profit pour juguler le déficit.

Théophile MONE

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