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Planification familiale: qu’est-ce qui n’a pas marché?

Dans le cadre de la campagne 100 jours pour convaincre sur la planification familiale pilotée par le projet SWEDD, une caravane de presse a permis d’effectuer des sorties sur le terrain pour mieux comprendre la problématique de la planification familiale. Yako, commune à faible prévalence dans la région du Nord, fut la première ville hôte. Comment la planification familiale est-elle perçue?

Mme Béatrice Sawadogo/Sawadogo

La question a été posée à des responsables sanitaires, la population et des leadeurs religieux. La majorité des personnes interrogées reconnaissent que la planification familiale (PF) est une bonne chose; elle permet d’espacer les naissances et elle permet de faire des enfants à la mesure de ses moyens. Paradoxalement, malgré le fait que les populations connaissent le bienfondé de la PF, les chiffres montrent le contraire car très peu reluisants en terme de la pratique contraceptive.

Zoénabo Guibila

Yako a un taux de prévalence contraceptive assez faible, soit 34%. Où est-ce que ça ne va pas réellement? «La contraception est une bonne chose mais mon mari n’est pas d’accord» confesse Zoénabo Guibila de la commune rurale de Bagaré. Selon elle, son mari a l’intime conviction que cela risque d’être la porte ouverte à une infidélité, ce d’autant plus qu’elle avait eu un enfant avec un autre homme avant de se marier à lui.

Mais en approchant une sage-femme de la même zone, on constate que le problème est plus profond que ça. Certaines femmes refusent d’utiliser les méthodes contraceptives. Mme Béatrice Sawadogo/Sawadogo affirme avoir reçu des cas où les femmes refusaient catégoriquement la contraception de leur propre chef, sans avoir recours à leur mari. Voici ce qu’une femme lui aurait dit: «Ma première coépouse a 12 enfants, la seconde en a 10. Moi, je n’ai que quatre. Si je fais la contraception, je ne pourrai plus avoir d’enfant». Cette dernière espérait avoir cinq autres enfants. Mme Sawadogo affirme que le plus souvent, le refus de la contraception ne vient pas que des hommes. Voilà qui rend vraiment complexe le problème de la planification.

Abbé Benoît Sawadogo

Pourtant, les spécialistes de la PF reconnaissent en elle des bienfaits pour la famille, elle permet de contrôler les naissances en les espaçant ou les limitant. Cela permet de réduire la pauvreté des couches les plus vulnérables qui font souvent des enfants et qui peinent ensuite à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. La PF permet aux familles de choisir d’avoir un enfant.

A ce propos, les religieux ont affirmé leur adhésion à la planification familiale mais en utilisant les méthodes contraceptives naturelles. En plus, ils ne conçoivent pas de contraception hors mariage car c’est dans le mariage que l’activité sexuelle doit commencer. Pour l’Abbé Benoît Sawadogo, vicaire de la paroisse de Yako représentant le curé, «nous, nous considérons la plupart des méthodes contraceptives comme des méthodes abortives. Voilà pourquoi l’Eglise a opté pour les méthodes naturelles. C’est par rapport à la dignité même de l’Homme. C’est pas tous ce qui est scientifiquement possible que nous devons accepter moralement».

Hamadou Ouédraogo (stagiaire)

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