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Pléthore de partis politiques au Burkina: il est temps de mettre fin à la pagaille

L’inflation des partis politiques prend des proportions inquiétantes au Burkina. L’échiquier politique national ne cesse de s’agrandir au jour le jour, avec la création tous azimuts de partis politiques. Au fur et à mesure que les échéances électorales de 2020 s’approchent, les formations politiques poussent comme des champignons. La mise à jour du répertoire des partis et formations politiques en 2017 faisait ressortir 148 partis et formations politiques au Burkina. Un nombre que d’aucuns qualifient, à tort ou à raison, de pléthorique et honteux pour ce petit pays peuplé de 17 millions d’habitants.

En 2017, le Burkina Faso avait officiellement 148 partis et formations politiques. Ce chiffre a largement évolué en 2018 et ne cessera de croître surtout à l’approche des échéances électorales de 2020

Mais ces critiques ne disent apparemment rien aux politiciens qui en ont cure. Sinon l’on ne devrait plus enregistrer de naissance de parti ou de mouvement politique. Malheureusement au Faso, soit pour exprimer un mécontentement personnel vis-à-vis de la gestion d’un président de parti soit pour soutenir le parti majoritaire, les formations politiques se créent avec quelques militants en présence de nombreux élèves de lycées et collèges.

Le hic est que ces partis politiques fonctionnent comme des clubs électoraux ou des regroupements d’intérêts économiques. Qui plus est, beaucoup sont en situation irrégulière vis-à-vis de leurs propres textes ou non encore élucidée. Nombreux sont ceux qui ne disposent même pas d’adresse réelle, encore moins de siège, voire de ressources à même de survivre dans le champ politique. Des partis qui ne tiennent jamais congrès et qui n’ont jamais de bilan financier à la fin de l’année.

Les législateurs devraient songer à mettre fin à cette pagaille en vue d’un environnement politique fort et crédible qui rehausse la démocratie burkinabè. Il pourrait s’agir par exemple de faire obligation à un parti politique en création de disposer au moins de cent membres fondateurs par commune. En clair rien ne devra plus être comme avant. Il faut des dispositions contraignantes pour décourager les facétieux.

La foultitude de partis tue notre démocratie

Certes, le multipartisme est nécessaire pour l’expression des différents courants d’opinion dans notre système démocratique. Mais sans encadrement, il peut devenir un obstacle à la jeune expérience démocratique burkinabè. En effet, au lieu d’être porteur d’espérances, le multipartisme peut être vecteur de tous les dangers. C’est pourquoi la prolifération des partis politiques, loin d’être un épiphénomène, est suffisamment grave pour qu’on s’y attarde quelque peu, qu’on lui consacre quelques réflexions, qu’on en analyse les causes et les conséquences avant d’esquisser quelques solutions susceptibles de provoquer un débat profond pour l’inévitable resserrement du paysage partisan. Surtout que dans notre pays, très peu de partis politiques répondent aux critères d’un vrai parti politique.

Le 1er mars 2018, 7 nouveaux partis politiques signaient une convention d’adhésion à l’Alliance des partis et formations politiques à la majorité présidentielle. Ce qui porte à 38 les partis alliés. Sans ambitions, beaucoup de partis se créent juste pour soutenir et prendre leurs parts.

Dans notre pays, il est question en effet, de prolifération de vrais faux partis. Cet état de choses affaiblit l’Etat et constitue un risque de désintégration de la communauté nationale.

Il n’est même pas exagéré d’affirmer que l’émiettement des partis et mouvements politiques au Burkina a engendré l’échec de leurs missions d’animation de la vie politique, de la conquête et de l’exercice du pouvoir.

La création tout azimut de partis et mouvements politiques n’ayant aucun ancrage au niveau national ne peut pas conduire le pays dans le jeu démocratique et défendre les intérêts de nos populations. Se pose alors la nécessité d’un regroupement des forces politiques animant la vie politique burkinabè.

L’on peut même dire que la fusion des formations politiques est aujourd’hui un passage obligé pour la survie de la démocratie burkinabè.

Pour le bien de notre démocratie, les autorités actuelles devraient sans hésitation nettoyer les écuries d’Augias et mettre fin à cette pléthore de hors-la-loi. Car il s’agit bien là d’une nouvelle forme d’incivisme.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. C’est un pavé dans la marre. Quelle action peut être menée si ce sont les gouvernants et autres affidés qui motivent la création de ces partis. trop de politique tue la politique. Sinon, pas besoin de texte, il suffit dans un 1er temps que le ministère de l’administration territoriale décide vérifier la conformité des partis et vous verrez qu’un 1er toilettage sera fait.

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