Plus qu’une affaire de femme, un puissant levier économique - Les échos du Faso
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Plus qu’une affaire de femme, un puissant levier économique

Au nom de la liberté d’expression, la parole n’est plus l’affaire des hommes. De plus en plus, les femmes s’expriment sur divers sujets importants à travers le monde: obtenir l’égalité salariale en Allemagne, occuper des postes décisionnelles en Afrique, revendiquer le droit de ne pas être mère en Chine ou obtenir celui de conduire en Arabie Saoudite. Ces revendications récurrentes des femmes au quotidien poursuivent des objectifs nobles souvent mal perçus.

Le développement de l’Afrique sera plus rapide quand l’égalité entre hommes et femmes sera atteinte

L’idée ancestrale de la femme réduite au silence, qui hante depuis toujours nos sociétés est de plus en plus combattue. Désormais, toutes les femmes ont envie de se rendre visibles et faire entendre leur voix. Elles ont compris qu’il faut se battre pour arracher des victoires et se faire respecter. Attendre bonnement que l’égalité homme-femme soit décrétée est un leurre. Un combat légitime pour un développement harmonieux que bien de citoyens africains –féodaux pour la plupart – n’ont pas encore compris dans leur pays.

La lutte pour la parité homme-femme est fondée parce que la règle non écrite est que la place, à la table du pouvoir, est pour les hommes, la parité n’est qu’une pénible exception.

Egalité homme-femme: le chemin est encore long. Pourtant c’est par elle que le décollage économique de l’Afrique sera une réalité. 

Si l’on prend l’exemple précis de la promotion au travail, les femmes demandent bien souvent des augmentations autant que les hommes. Mais elles obtiennent moins qu’eux. Probablement parce que les dirigeants ne considèrent pas ces demandes comme légitimes et les femmes finissent par intérioriser cette idée qu’elles ne sont pas légitimes aux postes historiquement réservés aux hommes. Il en est de même des postes décisionnelles.

Si on veut vraiment la mixité dans nos sociétés, il faudrait s’attaquer à cette question de légitimité. Et cela passe par du concret: rendre les femmes visibles dans tous les cercles de pouvoir. Chanter tous les jours «Les hommes qu’il faut, à la place qu’il faut», c’est aussi accepter, comme à l’issue d’un examen, de classer tous les candidats par ordre de mérite. Tant que cette révolution culturelle et des mentalités n’est pas faite, notre développement va toujours stagner.

La directrice du PNUD, Helen Clark, nous rappelle d’ailleurs que «Là où il y a des hauts niveaux d’inégalités entre les genres, les sociétés passent à côté de quelque chose».  En effet, lorsqu’on n’exploite pas le plein potentiel des femmes, cela a un coût, que ce soit au niveau de la famille, de la communauté ou de la nation.

Le développement de l’Afrique sera plus rapide quand l’égalité entre hommes et femmes sera atteinte. La preuve, au Rwanda où les femmes occupent de nombreux postes à responsabilités, jusqu’à 64 % au Parlement, le développement du pays de Paul Kagamé est devenu un modèle à suivre. Par où commencer, dira-t-on? En augmentant la représentation des femmes au niveau législatif, en favorisant leur émancipation économique ou leur accès à l’éducation. Le chemin est encore long et difficile. Mais il faut se convaincre que plus qu’une affaire de femme, il est question de l’émergence économique de nos pays.

Théophile MONE

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