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Plus rien ne sera comme avant, même au CDP!

L’évènement majeur de ce week-end sera certainement la tenue du congrès du CDP qui entend se reconstruire pour revenir aux devants de la scène politique. Mais l’enjeu principal pour ce congrès reste le choix d’un président du parti.

Moi Mounafica j’ai eu vent des nombreux voyages effectués par les différents candidats au bord de la lagune Ebrié pour avoir l’onction du vrai président du CDP, à savoir Blaise Compaoré. J’ai essayé d’avoir la liste des passagers Ouaga-Abidjan avec les compagnies aériennes, mais cela n’a pas marché. Alors, j’ai branché mes antennes qui ont capté des sons et fait des images.

Certains candidats (nous n’allons pas donner les identités pour ne pas influencer les choix des congressistes) ont fait plusieurs voyages eux-mêmes, d’autres ont envoyé leurs hommes pour rencontrer le Blasco et avoir son onction. Seulement voilà, ce qui a été capté est que Blaise renvoie pratiquement les différents candidats dos-à-dos avec sa petite phrase «l’essentiel est que le CDP vive et soit plus fort…» On voit donc un glissement sémantique dans le langage du Blaise Compaoré qui soutenait qu’il faut plutôt des hommes forts. Passons.

A côté des voyages en Eburnie, il y a aussi des labos ici à Ouaga qui sont en train d’échafauder des plans pour permettre au candidat de leur choix d’avoir le graal. Dans ce sens, le choix des votants, c’est-à-dire ceux qui ont la qualité de votants, sera déterminant. Sur ce point, tout serait parti des bains de foule et de la mobilisation plus organisée que spontanée du président actuel Eddy Komboïgo lors de l’installation des structures décentralisées du CDP. Léonce Koné a dénoncé cela publiquement, mais il y a d’autres personnes qui sont en train de travailler pour règlementer le vote du président.

Car selon un tuyau, si c’est un vote populaire, Eddie va passer haut la main. Or le choix du président ne peut se faire par la majorité des participants au congrès. C’est comme le président des Etats-Unis: Hillary Clinton a gagné le vote populaire, mais cela n’a pas fait d’elle la présidente des Etats-Unis d’Amérique. Les différents candidats peuvent donc convoyer des dizaines de cars remplis de militants mais ils ne vont pas tous participer au vote du président.

On a comme de grands électeurs les députés du CDP et les membres du secrétariat exécutif. Cela réduit les chances de certains candidats, mais replace le CDP sur la voie de la démocratie. Car avant, le choix du président était l’affaire d’un seul homme, Blaise Compaoré. Le congrès ne faisait qu’entériner. Plus rien ne sera comme avant, même au CDP.

Un observateur de la faune politique burkinabè nous confiait que celui qui a eu l’idée d’empêcher la dissolution pure et simple du CDP comme le voudraient certains sous la Transition est un fin politique. Moi Mounafica je pense à feu Salif Diallo Gorba. Pour l’analyste, une dissolution du CDP allait obliger les différents ténors à créer des partis et donc ils pouvaient constituer des dangers pour le MPP car, il faut le reconnaître, la puissance économique des anciens barons du CDP reste de mise. Mais avec le fait de laisser le parti exister crée des problèmes d’egos, d’antagonismes, d’adversités pour le contrôler. C’est ce qu’on constate.

Comment tous ces ‘’môgo puissants’’ aux egos surdimensionnés peuvent-ils s’entendre? Ainsi, au lieu que la Transition porte la responsabilité de l’éclatement du CDP, ce sont les responsables même du parti de l’épi et de la daba qui vont dégoupiller des grenades avec le risque qu’elles explosent dans leurs mains et fassent sauter la maisonnée CDP.

Avec le nombre de prétendants au poste de président, le congrès va en retenir un. Les perdants vont déclamer devant les micros et les caméras des medias que le président élu a tout leur soutien, la réalité peut et va même se révéler autre.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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