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Policiers des frontières: ils ont suivi un véhicule depuis la frontière du Niger

Depuis les attaques sanglantes qui ont endeuillé le Faso, des voix se sont élevées dont celle de mon pote Né Wendé pour demander plus de vigilance à l’entrée des frontières du Burkina. Car la preuve a été faite par quatre que les assaillants traversaient aisément les frontières des pays voisins principalement le Niger et le Mali pour venir commettre leurs actes condamnables et condamnés.

Les choses ont visiblement changé. La police des frontières a désormais une vigilance de Sioux. C’est par pur hasard que moi Mounafica je me suis retrouvé au cœur des échanges entre deux jeunes hommes. Ils racontaient leur nuit passée au commissariat de Wemtenga à Ouagadougou, siège de la BAC (Brigade anti criminalité).

Celui qui tenait le crachoir avait une barbe bien fournie. Un signe qui ne trompe pas de nos jours sur la stigmatisation. Il a dit avoir quitté le Niger avec un véhicule de type 4X4 à livrer à Bamako au Mali. Ouaga reste donc un passage obligé. C’est ainsi qu’arrivé à Ouaga, le véhicule a donné des signes de problèmes dans les amortisseurs. Il a appelé son copain de la capitale pour l’aider à trouver un mécano.

Or donc, depuis la traversée de la frontière, le véhicule était suivi par des relais de la police. Le dernier relais a pu prendre en photo la plaque d’immatriculation quand les voyageurs, le jeune barbu avec un chauffeur nigérien, se sont arrêtés devant une mosquée pour prier. Après la prière, ils ont rejoint leur contact de Ouaga et c’est devant sa maison que les hommes de la BAC ont débarqué, armes au poing. Et les voyageurs et leur ami de Ouaga ont été conduits au siège de Wemtenga.

Ils ne comprenaient rien à ce qui leur arrive. Les moments de stupeur passés, on leur a posé des questions sur leur vie, leurs activités et surtout sur le véhicule. De leurs reposes, les policiers ont procédé à des vérifications dans ce qui est désormais une des armes contre le terrorisme à savoir le partage ou l’échange d’informations. Ce volet a tellement marché que le jeune barbu a été surpris de voir que les policiers en savent beaucoup sur sa vie; on lui a parlé de sa tentative d’entrer au Canada, de ses activités en France, de sa conception de l’islam.

Sur ce point, les poulets ont compris que ce jeune, qui vit entre le Niger et la France, est certes très musulman, mais il fait partie de ceux qui aident la police française à lutter contre les recruteurs de petits parisiens pour le djihad en Syrie et autres.

Ayant suivi leur histoire sans l’air de m’y intéresser, moi Mounafica je tire mon chapeau à la BAC qui fait un bon boulot pour nous protéger. Les deux jeunes hommes ont beaucoup parlé de la nuit passée au commissariat dans la chaleur caniculaire et les moustiques, du prix du paquet de cigarettes à pratiquement 2 mille FCFA que les policiers vendent aux détenus.

Mais tout cela mis à côté de la vigilance qui a permis de vérifier et le véhicule venu du Niger et ses occupants pour savoir s’ils constituent un gros danger ou pas, il n’y a pas match. C’est préférable de toujours vérifier, même si cela va causer des désagréments.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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