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Des policiers interpellés par des koglwéogo? Les dieux sont tombés sur la tête!

Le Burkina commence à devenir une jungle où chaque quidam vient exprimer ou imposer sa loi. Tout cela, à cause des 27 ans de règne de Blaise Compaoré qui ont suscité l’incivisme qui a créé l’insurrection. Mais au lieu que chacun rentre dans les rangs après l’insurrection, certains se sont crus investis d’une mission de justiciers et les malpolis se sont mués en incivils invétérés. Nè Wendé!

Pour un oui ou pour un non, chacun monte sur ses ergots pour toiser l’autre. Le plus incompréhensible est que l’insurrection soit née d’un sentiment d’injustice et que ce soit des insurgés qui appellent l’injustice quand cela les arrange. De ce fait, on nargue l’autorité, on foule au pied la puissance publique. Et ce qui devait arriver arriva! Nè Wendé!

L’interpellation d’agents de police (dans l’exercice de leur fonction?) par des groupes d’autodéfense appelés koglwéogo est un précédent qui en dit long sur les dérives qui sont en train de s’installer dans le pays. Les populations ont crié et crient haro chaque jour sur les cas de rackets des agents de sécurité en ville et sur les axes routiers. Rien n’y fait. Ces agents indélicats continuent leurs rackets auprès de personnes dont ils connaissent même l’identité. C’est le comble! Nè Wendé!

Lorsqu’un gendarme approche un véhicule d’un certain standing, demande aux occupants de présenter leurs documents et ceux du véhicule et qu’il constate qu’ils sont en règle mais ajoute néanmoins «sinon, nous aussi on est là hein!», que veut-il insinuer? «Donnez-nous de quoi boire». Nè Wendé!

Le plus inquiétant sur la mission qu’ils sont censés mener (identifier les usagers afin de démasquer d’éventuels individus dangereux ou recherchés), c’est que la qualité des informations sur les usagers ne les intéressent pas réellement. Ou alors, la cupidité a annihilé leur sens du devoir. Sinon, lorsqu’on se retrouve face à un journaliste, on ne prend pas ce risque de demander quelque chose. Ça peut se retourner contre la personne. Nè Wendé!

Malheureusement, on rackette à tour de bras sans vergogne. On se bat, on se ‘’tue’’ même pour faire partie de la section circulation dans les unités. L’Office national de la sécurité routière est même une caverne d’Ali Baba où gendarmes et policiers s’entredéchirent pour faire partie des effectifs. Après quelques mois de service, on peut s’offrir une maison ou s’acheter une guimbarde. Tout ça est su mais on s’en fout, point barre! Nè Wendé!

Et ce qui devait arriver arriva: la révolte. Comme les insurgés les 30 et 31 octobre 2014, des koglwéogo ont alpagué des policiers auteurs de rackets pour les remettre à la gendarmerie! On est où là?! Les dieux sont tombés sur la tête et c’est le monde à l’envers! Nè Wendé!

Que dit l’Unapol de cette honte, sa honte? La Police nationale n’est pas le corps le moins bien traité de ce pays. Il n’y a pas si longtemps, les agents pouvaient difficilement s’offrir une BB CT; ils ne pouvaient même pas regarder la Camico. Ils déambulaient avec des tenues rapiécées aux fesses. Aujourd’hui, les éléments sont joliment fringués et certains roulent sur des 135 ou des 150. Ça veut dire ce que ça veut dire! Nè Wendé!

Au lieu de défier l’autorité de l’Etat pour des subsides, l’Unapol gagnerait à se battre pour des formations et du matériel de qualité au bénéfice de la Police nationale. Pour mieux assurer la sécurité des populations, de leurs biens et permettre aux agents de se protéger eux-mêmes. Car, face à l’ennemi de plus en plus équipé, déterminé et invisible, un MAS 36 est comme un bâton dans la main devant un lion! On est maïs devant une telle menace. Nè Wendé!

Il est certain que les koglwéogo qui ont agi de la sorte ont dû le faire par dépit. Ils en avaient ras-le-bol de voir chaque jour la peine des usagers rançonnés. Ne dit-on pas que cabri mort n’a pas peur du couteau?! Face au trop c’est trop des agents de police, ils ont dû se dire advienne que pourra. Et voilà le résultat: propre! David a terrassé Goliath! Nè Wendé!

En plus d’avoir instauré la quiétude dans certaines contrées du pays face au grand banditisme, les koglwéogo viennent de ‘’mettre hors d’état de nuire’’ des ‘’poulets pourris’’. Face à l’indolence, la complaisance ou la connivence de la police des polices de Simon, ils ont assuré. Nè Wendé!

Après avoir prouvé qu’ils sont capables de faire du bon boulot, comme le dit le commissaire de Tampy, quelle place doit-on donner à ces groupes d’autodéfense dans la lutte contre le terrorisme? On se souvient que là où des policiers (encore eux!) avaient ‘’opéré un repli tactique’’, certains koglwéogo avaient proposé leurs services. Sans recevoir l’aval de la puissance publique. Doit-on, pour ainsi dire, essayer leurs services? Le ‘’djandjoba’’ sur la sécurité du 24 au 26 octobre prochain devra répondre à cette question. Nè Wendé!

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