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Politique: ne pas confondre adversaire et ennemi

La 15ème édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou qui se tient actuellement dans la capitale burkinabè nous a permis de capter une image insolite et très parlante en politique.  Elle nous rappelle en effet que la politique n’est pas la guerre. C’est un jeu pacifique et démocratique où les compétiteurs sont de simples adversaires et non des ennemis. Avoir une opinion politique différente des autres ne fait pas de vous un ennemi. Soyons tolérants et fair-play est le message de cette rencontre hasardeuse entre le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé et Tahirou Barry, ex-ministre de la Culture. Il n’y a pas les anges d’un côté et les démons de l’autre. Nous sommes tous fils et filles d’un même pays, le Burkina Faso. Ce message est important pour les militants des différents partis politiques, majorité comme opposition.

Adversaire politique est bien différent d’ennemi politique. C’est ce que signifie cette image insolite

Zéphirin, Simon ou encore Ablassé et Bado, tous les politiques de tous bords, tous font publiquement semblant de se détester, de se combattre, … Malheureusement, les néophytes en politique comme les jeunes partisans zélés des partis politiques pensent souvent tout béatement que nos hommes politiques sont des «ennemis jurés». Ils ont mille fois torts.

En réalité, ils ne sont que des adversaires politiques. Humainement parlant, ils n’ont rien les uns contre les autres. Même si, parfois, les attaques systématiques auxquelles se livrent sur le terrain des idées, les  uns envers les autres, semblent aller au-delà de la simple joute politique. Le qualificatif «ennemi» ne correspond donc à aucune réalité. Cela est d’autant vrai que le président Thomas Sankara disait: «L’ennemi n’est pas celui qui te fait face, l’épée à la main, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos».

Ainsi, notre vrai ennemi commun, contre lequel nous sommes en guerre depuis janvier 2016, c’est le terrorisme islamique, qu’il s’appelle, AQMI ou Etat Islamique. C’est lui qui commet des attentats sur notre sol. Entre nous, il n’y a pas de guerre, seulement des divergences idéologiques sur la gestion du pouvoir d’Etat.

Il est important de se le rappeler afin d’éviter que, dans la naïveté, l’on ne se fasse inutilement du mal. Si nous nous rappelons constamment que notre opinion ou les options politiques de notre candidat ne sont pas forcément les meilleures du monde et que chaque Burkinabè est libre d’avoir sa propre opinion et d’adhérer au parti de son choix, nous aurons commencé à être des démocrates.

Cette image insolite est d’actualité car ces derniers temps, il y a la tendance à la diabolisation et aux animosités. Le respect mutuel est en train de disparaître parmi certains de nos politiciens et leurs militants. Ce qui est plus inquiétant, c’est que certains Burkinabè vont jusqu’à verser dans les débat des tribus et d’ethnies! Au fond, ce sont des intérêts personnels qui sont en jeu. Sachons donc faire la part des choses.

Le contexte exige que les  politiciens intensifient l’éducation de leurs militants et évitent, du mieux qu’ils peuvent, les discours incendiaires. La guerre contre le terrorisme est déjà grave et atroce. Unissons nos énergies contre cet ennemi commun et évitons de nous laisser manipuler par des gens égoïstes. En vérité, il n’y a pas d’ennemis en politique, mais des adversaires, c’est-à-dire des compatriotes qui ont un point de vue différent sur la marche du pays. Car il est révolu, le temps de la pensée unique.

Théophile MONE

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