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Pont du Nazinon sur la route nationale N°5: le gouvernement attend certainement d’aller présenter des condoléances…

La route internationale reliant le Burkina Faso à la République du Ghana a été refaite il y a plus de cinq ans. Incontournable pour l’économie de notre pays, le trafic y est très important car, quotidiennement, près de mille véhicules l’empruntent. Seulement, les transporteurs, les commerçants, les habitants du Nahouri sont inquiets de l’état du pont qui est défectueux. C’est le constat que nous avons fait en observant cet ouvrage et en écoutant les citoyens, surtout les usagers de cette voie. Le lancement des travaux de réhabilitation du pont a été programmé par deux fois sans suites. Nous reparlons encore de ce pont, car cette situation est inquiétante pour les populations.

Le pont vu de face

Situé à environ 17 kilomètres de Nobéré et à 30 kilomètres de Pô sur la route nationale numéro 5, le pont du Nazinon fait actuellement peur. De nos jours, il donne des cauchemars à tous ceux qui veulent voyager en direction de Ouagadougou ou de Pô. Les usagers ont la peur au ventre car il est un danger. Le dernier gouvernement de Blaise COMPAORE avait rassuré que le pont allait être construit. C’étaient Jérôme BOUGOUMA et Jean-Bertin OUEDRAOGO, deux fils de la région, qui avaient promis le réaliser après la saison des pluies de 2014.

Malheureusement pour ceprojet, en octobre, il y a eu l’insurrection qui les a emportés. L’administration étant une continuité, les populations du Nahouri ne s’attendaient pas qu’après ce long temps, sa construction ne serait pas effective. La presque totalité de nos interlocuteurs rencontrés pensaient que le président KABORE, qui en avait fait une de ses promesses électorales, n’allait pas trainer le pas. Personne ne sait aujourd’hui où se trouve le problème.

Sur place, nous apercevons des résidences d’ouvriers inachevées sur le site. Des machines dans un état calamiteux, de la ferraille de toutes sortes sont abandonnées pour tromper l’opinion publique peut-être. Si rien n’est fait, nous risquons de pleurer des pertes en vies humaines. Envoyer des ministres pour présenter des condoléances aux familles de victimes qui se retrouveront noyées dans l’eau du grand fleuve Nazinon en saison pluvieuse? Le gouvernement semble opter pour cette mauvaise solution.

Une vue de profil

Il y a deux ans de cela, un véhicule nigérien transportant du haricot a renversé son contenu dans cette eau, le chauffeur et un apprenti y ont laissé la vie. Un autre camion ghanéen transportant du fer à béton est tombé dans le fleuve; là, heureusement, aucune victime n’a été déplorée. Il y a des périodes où le niveau de l’eau monte. Les forces de défense qui veillent sur la sécurité sur l’axe ne seront pas épargnées par les eaux en cas de crue. Des délégations ministérielles passent régulièrement sur ce pont dangereux mais sont insensibles à la probabilité d’un drame.

Nous avons en mémoire la récente visite du chef de l’Etat en compagnie du Premier ministre et des corps constitués le 22 juillet pour présider la sortie des élèves-officiers d actives de l’académie militaire Georges NAMOANO de Pô. Ils ont certainement vu l’état du pont car ils sont venus par la route. Nous nous souvenons qu’une enveloppe de plus de quatre milliards de francs avait été votée pour ce pont depuis 2012. C’est l’entreprise Fadoul Technibois qui avait été retenue pour cette gigantesque œuvre. Près de cinq ans après, c’est le statu quo. Où est rentrée cette enveloppe?

L’économie burkinabè prendra un coup sérieux si ce pont venait à céder. Le trafic est très important avec près de deux cents à trois cents camions par jour.

Des rumeurs ont fait état du lancement des travaux d’abord le 26 novembre puis le 7 décembre 2017 sous la présidence du Premier ministre Paul Kaba Thiéba mais on attend toujours Godot. Il est coutumier des faux rendez-vous. Cette situation de silence du gouvernement est inquiétante pour les populations.

Après le pont du Nazinon, il y a celui situé entre Pô et Paga. Un autre casse-tête.

Jean AOUE

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