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Pour une presse de qualité

Parler de soi fait toujours un peu prétentieux; mais comment occulter nos problèmes dans ce métier grand public qu’est la presse? La presse burkinabè se cherche dans une Afrique francophone qui a aussi mal à sa presse. Outre les spécialistes qui l’analysent, les professionnels du journalisme sont les mieux placés pour en dire les grandeurs et misères.

logo SEPEntre deux gombos, les moins scrupuleux se cherchent les moyens de survie plus que de travailler efficacement pour satisfaire le lecteur. Autant dire que la concurrence n’est pas un souci de premier plan; sauf à jouer les coups-bas entre proprios de titres vivotant au gré des printemps et périodes de vaches maigres. Qu’est-ce qui, dans ce métier, va retenir les meilleurs plumes qui sont aussi les plus anciennes et les plus expérimentées, donc les meilleurs connaisseurs de notre contexte sociopolitique et ses acteurs?
Je compare le sort des débutants et des journalistes intègres à celui de certains artistes et hommes et femmes de culture. Ils déambulent dans Ouaga avec le meilleur d’eux-mêmes dans des tubes des années jadis, sans le sou pour se faire revaloir. Ceux qui devaient être mieux nantis de tous ces confrères dont la situation financière jure avec leur rendement en quantité et en qualité, sont des inconditionnels de deux roues qui ont passé le troisième âge de leur longévité normale depuis leur sortie de l’usine. Comment voulez-vous qu’ils fassent mieux, tout en faisant peine à voir? Ce n’est que la partie visible d’une misère mal gérée.
On dit que le secteur du journalisme ne génère pas ou ne possède pas de moyens; c’est archi-faux. C’est une méprise totale sur ce métier d’élite qui ne sait pas encore prendre en compte le sort des plumitifs à la hauteur des enjeux du métier et de leur importance réelle dans nos Etats. Si j’avais à refaire le choix entre ce métier et un autre, je le choisirais sans hésiter, mais pour le faire autrement ou ailleurs où on ne fait pas semblant de ne pas en voir l’importance. Moi directeur de publication, je lutterais pour que les journalistes soient mis dans les meilleures conditions de travail, de confraternité et de rendement qualitatif. Je militerais pour une SEP et un Centre de presse valorisant pour les journalistes et les journaux existant d’abord, le reste ensuite. C’est très bien ce que vous faites, mais on vous demande de l’excellence en regardant de plus près à vos éléments pour qu’ils ne soient pas tentés d‘aller voir ailleurs, avec toute cette expérience qu’ils doivent au journalisme. Ce métier a besoin de ses hommes; surtout les plus vieux et les anciens de dix ans par exemple, avant qu’ils ne partent faire valoir leur droit à la retraite. Meilleurs traitements salariaux avec le soutien de partenaires, vite l’application de la convention collective, formation continue, meilleur rendement pour des contenus sérieux.
De quoi faire des journaux et des promoteurs heureux, dans des médias pris au sérieux. A nos doléances confraternelles! C’est pas pour vous déranger, excusez!
Talata Kafando

Un commentaire

  1. Vous avez placé à votre tete,un incompétent notoire dont le « canard » ne colporte que des rumeurs! Avec son petit bouc.

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