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Des prédateurs ont construit des salles de classe dans leurs ventres

A la suite de l’article sur la qualité des enseignements et des infrastructures scolaires, voici comment on a détourné des financements qui étaient destinés à la réalisation de certains édifices. Dans le lot des investissements du Plan national de développement économique et social (PNDES), il y a ceux consacrés à combler ces gouffres laissés par le système Compaoré. En réalité, ce sont des infrastructures qui existent déjà sur le papier mais qui sont en fait des classes sous paillotes.

L’accès à l’éducation passe par la disponibilité des infrastructures scolaires. A son arrivée au pouvoir, le gouvernement actuel avait comptabilisé plus de 4 000 classes sous paillotes. Le Président Roch devrait travailler à les remplacer par des structures en matériaux définitifs. En réalité, d’importantes sommes ont été débloquées pour la réalisation de ces infrastructures scolaires, mais l’argent que les contribuables remboursent n’a pas servi à la construction des salles de classe.

Dans son rapport 2014, la Cour des Comptes a fait un constat suite à un contrôle de la réalisation des infrastructures du Plan décennal de développement de l’éducation de base (PDDEB), exercice 2009 à 2012. Le PDDEB était censé contribuer à rehausser le taux de scolarisation en construisant un grand nombre de salles de classe, de latrines et de logements d’enseignants.

Mais à Gaskaye et Sourkoulaye, le PDDEB a pris fin sans que les réalisations prévues ne sortent de terre. La Cour des Comptes a constaté que les matériaux de construction (tôles, parpaings, fer, etc.) et des d’agrégats ont été abandonnés sur des chantiers inachevés.

A Ya, commune de Silly dans la Sissili, l’école reste inachevée. De hautes herbes occupent les lieux.

Ces détournements se sont déroulés avec la complicité des agents au ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) en son temps. A Sourkoulaye, par exemple, pendant que la Direction des études et de la planification (DEP) dudit ministère a mentionné dans ses rapports que le complexe est au niveau des fondations, la Cour a constaté qu’il s’est plutôt effondré à moitié après le chainage.

A Lokihoun, la situation est plus catastrophique. Un terrain vide a été présenté à la Cour des comptes en lieu et place d’un complexe scolaire inachevé comme il a été dit dans les rapports du ministère.

Le PDDEB a réalisé certaines infrastructures qui ne répondent pas aux besoins des utilisateurs comme c’est le cas à Pabré où une école de 3 classes, des logements des maîtres et des latrines, tous inachevés, ont été implantés à Wavougué sans que le directeur de l’école et le président de l’association des parents d’élèves n’en soient informés.

Dans les écoles de Nong-Taaba A et B à Ouagadougou, une vingtaine de latrines a été érigée alors que le magasin, le bureau du directeur et le logement du gardien constituent des besoins prioritaires.

Le Directeur régional de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (DREBA) de la région des Cascades n’a jamais été informé de la construction de la clôture de sa direction.

Des écarts existent entre la quantité d’ouvrages à réaliser et ceux effectivement réalisés. En 2012 par exemple, sur 92 blocs de salles de classes prévus, 65 ont été érigés, soit un écart de 24 blocs. C’est ce qui explique que certaines écoles continuent d’utiliser des classes sous paillotes pour accueillir les nombreux enfants qui se présentent chaque année. Ce n’est pas tout.

Une différence a aussi été constatée au niveau de la réalisation des blocs de latrines. Alors qu’il était prévu la construction de 158 blocs, 53 ont été réalisés en 2012, soit une différence de 105 blocs non-réalisés. Enfin, la différence pour ce qui concerne les logements est de 37 logements sur les 142 prévus. Toutes ces infrastructures devraient être réalisées dans le cadre de la convention avec la Boutique de développement.

Si le Burkina est à ce stade aujourd’hui, la gouvernance Compaoré en est entièrement responsable. Elle a brillé par les détournements et le développement de l’impunité.

A K

2 commentaires

  1. La lutte contre la corruption, la mauvaise gouvernance, les détournements de deniers publics, les concussions et les compromissions au détriment du Peuple, passe par le maintien et la mise en exécution de la peine de mort. Je maintiens cet argument!

  2. C’est le résultat de ces audits qui était depuis longtemps attendu pour fermer la bouche des comploteurs contre le régime actuel.Maintenant que c’est connu,il faudra remonté à la source pour ces prédateurs payent.

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