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Première radio libre d’Afrique: un slogan à peine ridicule.

Pour ceux qui n’ont pas pu l’entendre car écoutant autres choses, c’était ce matin sur Horizon FM. Un auditeur demande qu’on lui explique ce que signifie ‘’première radio libre d’Afrique‘’ car il trouve cela ridicule pour une radio FM émettant à Ouagadougou. C’est pourtant vrai, selon les termes de Moustapha Thiombiano, le PDG, qui est intervenu en direct pour expliquer! Je ne me retrouve pas dans tout ce qui se dit sur cette chaîne, mais je la trouve au-dessus de la mêlée dans son domaine. Il y a des programmes de bonne qualité dedans. Et comme on dit chez nous, même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais au moins qu’il coure vite.

Groupe horizon FmC’est suffisant, l’explication de ce matin brièvement donnée vers sept heures vingt au cours de l’émission «Ça va, ça ne va pas!» C’est donc depuis l’époque de Sankara que la demande a été faite pour mettre Horizon FM en place! Assez tôt tout de même! Si ce n’est pas la première en Afrique, c’est assez impressionnant d’y penser à cette époque. Les résultats sont là, c’est une chaîne de radios privées locales qui a fait du chemin au plan professionnel. Pour ceux qui ne le savent pas, la plupart des grands animateurs de ce pays, grands ou petits, ont fait leurs armes dans les stations Horizon FM qui ont pris des dénominations locales. Sans faire de la publicité gratuite, le slogan peut se comprendre. Il n’a pas dit la meilleure ni la plus riche, il a dit la première radio libre d’Afrique. Ça se défend assez bien. On sent une certaine culture de l’entreprise et un sens assez aiguisé des affaires de ce genre chez le PDG d’Horizon FM. C’est un homme de culture au sens large du terme.
Mais on attend davantage de ces idées, de la télé surtout, qui informe assez bien et librement en effet, mais ne semble pas encore avoir trouvé ses marques pour une information de proximité africaine et burkinabè. Trop de documentaires; de bonne facture certes, mais trop made in Europe. Des choses qu’on ne saurait pas autrement! Les mêmes productions faites par des journalistes maison auraient plus de poids. On devine déjà que c’est avant tout une question de moyens. Dans nos pays pauvres, ce genre d’initiatives, ce n’est pas tout le monde qui peut les réussir sans de solides soutiens. Il semble que Moustapha roule un peu en solitaire, ce qui n’est pas pour arranger les choses. On a beau être bon, ça prend du temps d’arriver à destination en solitaire sur une voie beaucoup empruntée par des moyens plus colossaux. A la fois un mérite et une limite. Être libre est à ce prix, et ça coûte cher.

Moustapha Laabli Thiombiano, le promoteur des chaînes de radio et de TVZ
Moustapha Laabli Thiombiano, le promoteur des chaînes de radio et de TVZ

Et en la matière, Moustapha Laabli Thiombiano n’est hélas pas le seul. Beaucoup de bonnes choses vivotent et meurent par manque d’accompagnement ou de persévérance. Si ce n’est récupéré en pire avant d’avoir éclos de son œuf originel. Patience donc et avec un peu de soutien, l’impression de ridicule aura bientôt disparu. Et vous ne serez plus obligé de zapper entre première libre d’Afrique et une autre qui s’appellerait première meilleure qualité au Burkina.
Ça foisonne maintenant au Faso, les ondes privées FM. Tant mieux pour les auditeurs!
Thomas NIGER

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