Accueil » Edito » Le président a tendu la main. Il faut la saisir pour le bien du Faso.

Le président a tendu la main. Il faut la saisir pour le bien du Faso.

Ce week-end, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a bien été bavard. Sur les antennes de la radio privée Savane FM, située dans la banlieue de Ouagadougou, le Rocco s’est déplacé pour s’adresser à ses concitoyens à travers un entretien et les réponses aux questions des auditeurs. Le lendemain dimanche, c’est en direct du palais de Kosyam qu’il s’est entretenu avec trois confrères des télés BF1, Burkina Info Tv et de la RTB, cette fois-ci en français. Dans un décor sobre, autour d’une table ronde, comme dans une salle rédaction.

Entretien du président du Faso avec des confrères de la presse nationale (ph préFaso)

Il faut tout de suite écarter du débat ceux qui activent la fibre ethniciste pour critiquer le choix de s’être déplacé dans une radio privée, pour s’exprimer et en mooré. Médias privés et publics ont tous, avant tout, un rôle de service public. Ce n’est pas pour rien que l’Etat alloue une subvention à la presse privée. Qui plus est, le confrère a un audimat assez élevé en mooré à Ouaga et ses environs. Et le président avait besoin de s’adresser à cette frange importante de la population. Il est Moaga et maîtrise le mooré. A Ouaga et alentours, beaucoup parlent le mooré. Il n’y avait donc pas de problème que le président utilise le mooré.

Si c’était de Bobo, par exemple, qu’il choisissait de s’adresser aux populations en mooré, on pouvait trouver à redire. Peut-être qu’un exercice de ce genre à Bobo, en dioula, serait le bienvenu pour ‘’gbagba-gbagba’’ les Burkinabè, comme dirait Blaise Compaoré. Mais il faut craindre que l’auditoire passe plus de temps à se marrer du niveau de maîtrise de la langue qu’à bien entendre le discours…

Roch a donc parlé à mi-mandat et il se dit être toujours dans la dynamique de ses promesses de campagne. Il connaît parfaitement et vit certains problèmes des Burkinabè avec eux. Le rythme de progrès n’est certes pas ce qu’il aurait souhaité mais le pays progresse malgré les difficultés qui se sont dressées sur son chemin comme la menace terroriste et la fronde sociale.

Les forces de défense et de sécurité commencent à monter en puissance dans la lutte contre le terrorisme. La relance économique, l’emploi, l’éducation et l’enseignement, le monde rural, l’eau potable et l’assainissement, l’électricité, la santé, etc., le président en a la pleine mesure et dit s’employer à trouver des améliorations dans chaque domaine.

Il entend dire qu’il est diesel, qu’il est trop bon. Soit. Mais sa conviction est que «Nous sommes dans un pouvoir où il faut partir à point (…) Il s’agit de construire un avenir qui survit à nos propres personnes. Il y a bel et bien une autorité et je voudrais vous rassurer que le bateau est bien mené…»

En retour, Roch Marc Christian Kaboré a suggéré une question à chaque Burkinabè: «… quelle est notre contribution au développement du Burkina Faso?» Individuellement, quelle contribution nous apportons à l’essor économique de ce pays qui nous appartient tous? Violente question. Car la conviction de Roch Kaboré est que nous adorons la rhétorique dans les salons. Il y a beaucoup de bavardage et moins de travail.

Il en a profité, puisque la question lui a été lancée tout de go, pour lever un pan du voile sur son avenir politique: «Dans l’esprit, je me battrai pour réaliser mon programme et me représenter en 2020.» Il a par la même occasion réitéré son engagement à faire participer les Burkinabè de la diaspora à l’élection de 2020.

Là où les Burkinabè l’attendaient surtout, c’est sur la grogne sociale. Pour lui, le dialogue doit être nécessairement repris pour mettre sur la table les problèmes, après que la Coordination des syndicats du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement ait demandé la repris du travail et qu’elle soit effective. «Enfin, je voudrais insister sur la nécessité que nous puissions tous mettre balle à terre (…) Et qu’au niveau du ministère des Finances, nous puissions comprendre que notre intérêt à tous, c’est que tout le monde reprenne le travail. Notre intérêt à tous, c’est qu’une fois que le travail est repris, nous réintégrons le dialogue. Notre intérêt à tous, c’est que l’avenir, nous devons le déterminer ensemble».

Les Echos du Faso

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *