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Présidentielle au Nigeria: Goodluck lâché enfin par sa chance

C’est désormais officiel. Muhammadu Buhari est le nouveau président démocratiquement élu du Nigeria. Il a remporté la présidentielle avec près de 54 % des suffrages devant le président sortant, Goodluck Jonathan. Ce dernier a, du reste, aussitôt reconnu sa défaite et a téléphoné à l’heureux élu pour le féliciter de sa victoire.

imagesCe geste fair-play du candidat bon perdant est à saluer. Il a permis d’éviter le chaos et la violence dans ce pays considéré comme le géant de l’Afrique. En effet, avec la psychose engendrée par les violences meurtrières perpétrées par Boko Haram dans plusieurs villes du pays, les Nigérians n’avaient pas besoin d’autres violences surtout post électorales. C’est ce que semble visiblement avoir compris le président sortant en reconnaissant aussitôt sa défaite. Il s’agit d’un comportement digne d’un homme d’Etat responsable. Mais au fait, pourquoi le président sortant a-t-il échoué?
Sur cette question, tout laisse à croire que la faute revient, en grande partie, à sa gestion de l’affaire Boko Haram. Ce groupe terroriste n’a cessé de semer quotidiennement la terreur partout au Nigeria avec des attentats à la bombe, des massacres de civils et des enlèvements. Comment des hommes armés peuvent-ils entrer dans un pays, fut-il géant, enlever des centaines de filles (allusion aux lycéennes kidnappées) à l’insu des forces de défense et de sécurité nigérianes? Le pays était-il gouverné?
Quoi qu’il en soit, les Nigérians avaient du mal à croire et surtout à pardonner à Goodluck sa nonchalance dans la lutte contre Boko Haram. Il a fallu que les vaillants soldats tchadiens viennent de Ndjamena pour en découdre avec ce groupe terroriste sur le sol nigérian afin que les populations retrouvent quelque peu la quiétude. C’est tout dire. Les électeurs ont sanctionné Goodluck pour sa passivité incompréhensible dans la traque contre les hommes d’Abubacar Shekau et la corruption qui prenait de l’ampleur dans le pays.
A y voir de près, Goodluck n’était pas capable de garantir la sécurité et la bonne gouvernance au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique. Il a donc payé cash son incapacité notoire à diriger le pays à la hauteur des attentes de ses compatriotes qui lui ont assuré un vote sanction à la présidentielle. Avant cela, Goodluck avait été décrié au sein de son propre parti.
On se rappelle les sorties de l’ancien président Olusegun Obasanjo qui l’avait critiqué de façon virulente et avait déchiré publiquement sa propre carte de militant du parti de Goodluck.
Depuis lors, on savait que Goodluck dont le nom signifie «Bonne chance» en français, allait avoir du mal à rebondir à la magistrature suprême. Et comme sa chance ne peut lui sourire éternellement, Goodluck a perdu à la présidentielle. Il a finalement été lâché par sa chance, est-on tenté de le dire. Le grand chanceux du moment est sans conteste Muhammadu Buhari, nouveau président. Au vu de son âge (72 ans) et de son expérience (ancien président de la république de 1983 à 1985) et de son statut (ancien général de l’armée), il doit être à même de relever le défi. Il doit surtout œuvrer à ce que le Nigeria retrouve son lustre d’antan sur le plan sécuritaire et en termes de puissance économique dans la sous-région.
C’est pourquoi, après l’euphorie de la victoire à la présidentielle que ses partisans continuent de savourer, Buhari doit porter vite sa tunique d’ancien général pour monter au front contre Boko Haram et pour le développement de son pays.
Bravo tout de même à Goodluck qui a accepté de reconnaître sa défaite.
Saïdou Zoromé

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