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Prévenir la radicalisation des jeunes Burkinabè

Notre pays fait face à une menace terroriste inédite, tant par son ampleur que par sa nature. Le gouvernement prend les mesures nécessaires pour protéger les Burkinabè, en renforçant les moyens humains et matériels pour lutter contre le terrorisme. Mais les recruteurs ne dorment pas. Ils sont constamment à la recherche de jeunes en difficulté. Pour éviter que le phénomène ne se généralise ici au Faso, il est urgent que nos autorités optent pour les mesures de prévention. Sinon, plus le nombre de jeunes radicalisés violents augmentera, plus il deviendra impossible pour les services de sécurité de les surveiller.

Ceux qui basculent sont d’abord des individus fragiles et marginalisés

L’adage nous enseigne que «prévenir vaut mieux que guérir». Dans ce sens, la lutte contre le terrorisme doit, pour être efficace, se placer sur le terrain de la lutte contre ses causes profondes. Pour lutter efficacement contre la menace de la radicalisation, il faudrait s’attaquer aux causes socio-économiques qui sont souvent à l’origine de la marginalisation des jeunes.

En effet, ceux qui basculent sont d’abord des individus fragiles et marginalisés. Ils font bien partie des proies des recruteurs djihadistes qui exploitent leurs failles en leur offrant une nouvelle communauté et en répondant à leurs doutes d’individus en construction. La stratégie des recruteurs consiste à manipuler un public souvent fragilisé, en rupture familiale ou sociale, parfois en quête d’un idéal confus et morbide. Il y a donc la nécessité d’apprendre à nos jeunes à vivre la tolérance et à célébrer la diversité ethnique, culturelle et religieuse. Car la plupart des problèmes d’aujourd’hui sont enracinés dans des crises d’identité.

Il faudrait également prendre des mesures pour préparer les jeunes à devenir des adultes productifs, à travers notamment l’éducation, l’apprentissage, la création d’emplois et la promotion de l’entreprenariat.

En outre, il serait judicieux de trouver des mécanismes innovants, via Internet et les médias sociaux, pour remplacer les messages de haine par des messages d’espoir. Il pourrait s’agit pour les collectivités locales de mettre en place une politique d’inclusion au niveau local.

Dans tous les cas, donnons-nous la main. Trouvons maintenant et ensemble des façons de contrer la radicalisation menant à la violence. L’avenir du Burkina en dépend.

Théophile MONE

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