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Priorité à l’éducation

Depuis le mois de novembre, 15 syndicats de l’éducation nationale sont en grèves répétées. Cette grève est à l’origine de plusieurs mesures notamment la suspension des évaluations au post-primaire et au secondaire, des compositions et évaluations trimestrielles au primaire et au préscolaire. Cette grève, faut-il le rappeler, tourne autour de la plateforme de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE). Elle se résume principalement en quatre points. L’adoption d’un statut valorisant des personnels de l’éducation et de la recherche, l’amélioration de l’accès à l’éducation, l’amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif et la valorisation de la fonction enseignante.

Depuis, il y a un bras de fer sérieux entre les syndicats et le gouvernement qui est en train de compromettre l’année scolaire. Chaque partie campe sur sa position. Et plus le temps passe, plus la peur d’une année perdue s’empare des parents d’élèves. Toute chose qui montre que les syndicats et le gouvernement, incapables de trouver un compromis, ne rassurent pas quant à la priorité qu’ils donnent à l’éducation.

Seul le dialogue permettra de sortir de la crise qui secoue le monde éducatif

Quand nous parlons d’incivisme et de sous-développement dans notre pays, nous mettons à l’index naturellement les problèmes éducatifs. En effet, l’éducation permet de former des citoyens qui seront outillés pour lire, compter, comprendre et interpréter leur monde. Au contraire, l’analphabétisme ronge nos priorités sociales et économiques. Il est un frein à notre prospérité, un obstacle irréfutable à la citoyenneté et à l’émancipation. Aussi avons-nous intérêt à donner la priorité à l’éducation. Mais la crise qui secoue le monde éducatif depuis trois mois déjà inquiète plus d’un Burkinabè et nous oblige à penser que le gouvernement et les syndicats ne font pas assez d’efforts pour donner la priorité à l’éducation. Et pour preuve.

Le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation

Si l’éducation était une priorité, certains maîtres et enseignants n’allaient pas cultiver l’absentéisme et le militantisme au détriment de l’amour de leur métier.

Si l’éducation était une priorité, syndicat et gouvernement allaient mettre en avant l’intérêt de nos enfants, adultes et dirigeants de demain, plutôt que d’instaurer un dialogue de sourds. La crise n’allait pas perdurer jusqu’à ce jour. Le gouvernement allait ouvrir les négociations autour de la plateforme des syndicats.

Le dialogue est notre richesse culturelle. Nous devons la privilégier au bras de fer suicidaire

Si l’éducation était une priorité, le coût financier qui sous-tend les revendications au regard du nombre des enseignants ne serait pas brandi comme une excuse. L’objectif serait la revalorisation de la mission d’enseigner.

Si l’éducation était une priorité, les deux parties avaient déjà trouvé un compromis.

Pourtant, gouvernement et syndicats devront tôt ou tard trouver cette solution qui nous évitera une année blanche ou celle aux résultats scolaires désolants. C’est pourquoi il n’est pas tard d’inviter les deux parties à mettre balles à terre au nom de l’amour qu’ils ont pour leur pays et pour nos enfants. Plus vite le dénouement à cette crise sera trouvé, plus vite ils nous ferons mentir que l’éducation n’est pas une priorité pour eux.

Théophile MONE

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