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Procès du putsch manqué: c’est cette armée «archaïque et moyenâgeuse» qui a délogé le RSP de Naaba Koom II

Le procès du coup d’Etat déjoué du 16 septembre 2015 se poursuit devant le Tribunal militaire. Les personnes poursuivies défilent devant le juge Seidou Ouédraogo. Le 22 août 2018, c’était au tour du sergent Ouédraogo Zoubélé Jean-Martial de se présenter à la barre. Devant le tribunal, il a qualifié l’armée burkinabè de «armée archaïque, moyenâgeuse».

Des éléments du RPC en défilé (ph MDNAC)

Ouédraogo Zoubélé Jean-Martial qui se présente comme un parachutiste-commando spécialisé en pilotage moto a le grade de sergent. Il n’a pas accès à des informations stratégique sur l’organisation et le fonctionnement de l’armée nationale pour tirer cette conclusion. A travers cette affirmation, le sergent Ouédraogo Zoubélé Jean-Martial répète comme un perroquet ce qu’il a toujours entendu au sein de son corps, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), afin de dénigrer l’armée nationale dont fait partie le RSP.

Les responsables du RSP ont toujours fait croire aux éléments qu’ils étaient les mieux formés, les mieux équipés et les plus aimés de la république pour les gonfler à bloc. Il narguait la grande majorité de l’armée. Dans ce corps, on ne respectait pas les grades. On pouvait retrouver des sous-officiers et des officiers qui craignaient des militaires de rang. Mais le RSP a été humilié les 30 et 31 octobre 2014 lorsque les manifestants les ont surpris par leur détermination, malgré les morts déjà enregistrés.

Il s’est alors laissé instrumentaliser par des hommes politiques qui ne pouvaient pas supporter d’avoir perdu le pouvoir. L’ex-parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), avait lancé une désobéissance civile après l’invalidation des candidatures pour la présidentielle. Un mot d’ordre ignoré par ses propres militants.

Voulant coûte que coûte revenir au pouvoir, les hommes assoiffés de pouvoir ont incité le RSP a commettre ce coup d’Etat qualifié de stupide en septembre 2015. Mais ce que le sergent Ouédraogo Zoubélé Jean-Martial oublie de dire, c’est cette  armée qu’il qualifie d’archaïque et de moyenâgeuse qui est descendu des quatre coins du Burkina pour les déloger du Camp Naaba Koom II. Le sergent qu’il est ne peut pas savoir que le président de la Transition et son Premier ministre ont été libérés par le RSP suite à un ultimatum que le reste de l’armée a lancé au général Gilbert Diendéré. Il ne peut pas savoir que le général Gilbert Diendéré, pris de panique, a demandé la médiation du Moogho Naaba, ce qui a conduit les hommes venus des quatre coins du Burkina de reculer à 50 Km de la ville de Ouagadougou.

Après cette déconvenue, le RSP a été dissout sans difficulté. Mais le perroquet qu’il est continu de répéter ce qu’il a toujours entendu, même devant le tribunal. La déroute du RSP et l’abdication du général Diendéré font dire qu’en réalité le RSP n’était qu’un tigre en papier.

Ce sergent a été formé avec d’autres militaires dans les centres militaires. Au sortir de leur formation, même s’ils n’ont pas tous été affectés au RSP, ils ont acquis les mêmes connaissances. Les militaires archaïques aux pratiques moyenâgeuses sont ceux qui ont organisé ce coup d’Etat le plus bête au monde. Le sergent, parachutiste-commando de l’ex-RSP, spécialisé en pilotage moto, doit plutôt en vouloir à ceux qui l’ont conduit dans le gouffre du coup d’Etat.

A. T.

Un commentaire

  1. Sergent parachutiste …………….spécialiste de conduite moto !!!!!!! Chapeau le pauvre !

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