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Procès du putsch: que deviennent les jeunes qui ont été tabassés chez Gorba?!

Lentement mais sûrement, le procès du coup d’Etat manqué commence à prendre de l’allure, les langues ne sont pas totalement déliées encore mais cela ne va pas tarder. Nè Wendé!

Comme me le disait un doyen, reprenant le refrain d’une chanson d’Alpha Blondy, le rasta ivoirien, «nii sandji bé bin, a bi bin baka so lo kouna. Nii san ka périn, bèh ba kounh lé minè». En traduction approximative, cela donne, s’il pleut, l’eau tombe sur tous les toits. Et si le tonnerre gronde, chacun attrape ou protège sa tête. En français facile, s’il y a danger chacun se cherche d’abord. Nè Wendé!

Le semblant d’union sacrée qu’il y avait au sein des accusés pour visiblement charger le grand absent, le général Yacouba Isaac Zida, est en train de se fissurer. Quand  »le Touareg » a voulu une protection particulière pour faire son grand déballage, il y a lieu de penser que l’entente n’est plus la chose la mieux partagée au sein des accusés du putsch déjoué. Nè Wendé!

C’est autour de ces questions que des jeunes devisaient ce week-end dans un faubourg de Ouagadougou avec tout naturellement les commodités de la discussion, une théière sur un fourneau, des verres et des cacahuètes. Ils ont beaucoup parlé et un a lancé: «Mais quel sort pour les jeunes qui ont été proprement bastonnés par des éléments du RSP chez Salif Diallo?» Nè Wendé!

Au même moment, on a vu arriver un de leurs amis. Un des jeunes a alors dit: «Tiens, le môgô qui vient d’arriver fait partie de ceux qui ont été frappés par les militaires du RSP». Et une fois qu’il a pris place, on lui demanda s’il avait été auditionné par le juge d’instruction dans le cadre des enquêtes sur le coup d’Etat manqué. Il a répondu par la négative, tout en ajoutant que quand les choses sont rentrées dans l’ordre, Gorba les a reçus et leur a démontré sa gratitude avec des espèces sonnantes et trébuchantes. Nè Wendé!

«Pourquoi êtes-vous allés chez Gorba en plein danger du putsch», a demandé, un peu taquin, un de ses amis. Le ‘’bastonné’’ a expliqué qu’ils avaient été alertés par un de leurs korô sur l’intention des jeunes du CDP d’aller brûler le domicile de Salif Diallo; c’est pourquoi ils se sont mobilisés pour aller défendre la maison de Salif Diallo. Nè Wendé!

Mais à leur grande surprise, en lieu et place des jeunes civils du CDP, ils ont eu affaire à des militaires du RSP qui ont sorti les armes avant de les chicoter proprement avec les cordelettes de progression du commando. Nè Wendé!

Un des jeunes, qui a visiblement des connaissances en droit, a dit à son ami qu’il faut aller vers des avocats pour expliquer leur mésaventure, car lui qui suit le procès n’a pas encore entendu des éléments sur le caillassage de la maison de Gorba et la bastonnade des jeunes qui se sont improvisés gardes-maison. Nè Wendé!

Le ‘’bastonné’’ a lancé «ah bon, donc on peut prendre notre avis au sérieux et au cas où il y a dédommagement on pourra avoir quelque chose?» Nè Wendé!

Dans un grand éclat de rire, l’homme de droit a dit: «Je n’en suis pas sûr, mais cela peut toujours permettre d’éclairer un pan du dossier putsch manqué». Nè Wendé!

Le ‘’bastonné’’ a répliqué: «Waii, on a eu tellement chaud ce jour et moi-même je pensais que j’allais mourir quand un des militaires a pointé sa kalach sur moi». L’ancien étudiant a alors saisi la balle au bond pour lancer des piques à ses camarades en disant «nul n’est censé ignoré la loi. Si tu avais des connaissances sur le droit, tu allais chercher toi-même à rencontrer le juge d’instruction pour lui donner ton témoignage». Nè Wendé!

Tout le monde a ri et en même temps le fakir a servi le ‘’premier’’ bien chaud. Sluurp, sluurp… Nè Wendé!

Un commentaire

  1. Merci Monsieur NE WENDE de nous egayer, de nous faire rire, de nous faire noyer nos soucis dans l’oubli.

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