Procès du putsch: le général Diendéré va-t-il plonger le général Bassolé? - Les échos du Faso
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Procès du putsch: le général Diendéré va-t-il plonger le général Bassolé?

Le général Diendéré a assumé le coup d’Etat le plus bête du monde, il en payera le prix. Cependant, des débats au tribunal, on constate avec amertume que ce coup d’Etat revêt aussi et surtout des zones dangereuses pour la cohésion sociale. Quelqu’un, quelque part, a voulu jouer sur la fibre ethnique pour tirer les marrons du feu dans cette affaire.

Visiblement, on peut parler, au lieu d’un seul coup d’Etat, de plusieurs coups en un. Le corps d’élite comme on qualifiait le RSP et que le Haut représentant du Chef de l’Etat refuse avec force détails en disant que déjà le nombre (plus 350 éléments) constitue un vrai problème quand il s’agit de corps d’élite, et il sait de quoi il parle étant fils du général Baba Sy. Le corps d’élite se définit quelque peu par la solidarité agissante entre les composants; c’est comme une famille unie, tous pour un un pour tous, slogan emprunté aux 3 mousquetaires.

Or donc, le RSP était aussi divisé que l’est des corps civils. On raconte, et l’histoire nous le dira certainement, que l’une des raisons principales qui ont fait fuir Blaise Compaoré serait le fait qu’un de ses aides de camp aurait surpris, le 31 octobre, des conciliabules entre le général Bassolé et des militaires du RSP et puis des échanges entre le général Diendéré et des éléments du RSP. C’est cet homme qui a convaincu Blaise de lever rapidement l’ancre car le ver est dans le fruit et que le danger ne viendra pas des insurgés mais de la maison comme ce fut le cas de Thom Sank.

C’est cette leçon qui revient encore dans le procès du putsch déjoué. Et on comprend pourquoi le général Diendéré était pressé pour la tenue du jugement. On note aussi qu’il a été très collaboratif avec le juge d’instruction, au contraire de son frère d’arme Bassolé. Il sait très bien qu’il ne va pas s’en sortir sans une peine, mais il veut avoir l’occasion de dire sa part de vérité dans l’organisation du putsch et cette part va certainement démontrer qu’il y avait d’autres mains qui poussaient les pions.

Du jugement du putsch, on est en train d’entrouvrir des pans de la gestion de l’insurrection avant le départ de Blaise Compaoré. C’est depuis ce temps que l’idée de coup d’Etat a germé dans certaines têtes. Le grand coup était de trucider Blaise dans la stratégie-ritournelle, «voilà, face à l’avancée des insurgés vers le palais présidentiel et des soupçons de la présence de certains éléments militaires qui ont épousé la cause des insurgés, les éléments de la garde présidentielle ont voulu exfiltrer le président du Faso et malheureusement il a été touché mortellement par des balles». Fin des haricots pour Blaise et très rapidement des éléments du RSP qui étaient dans le coup vont vite prendre la situation en main. Comme au cinéma.

Heureusement, la réalité n’est pas un film. De la lecture simple des propos des accusés entendus, on note aisément qu’il y avait trois camps, ceux du général Diendéré, du général Bassolé et du lieutenant-colonel Zida devenu lui aussi général plus tard; ce n’est pas pour rien qu’aux premiers moments de la Transition, on a fait bruiter que le général a aidé les insurgés qui étaient devant l’Assemblée nationale en démobilisant les troupes qui y étaient stationnées. Au début, on pouvait en douter, mais les propos sortis par les mis en cause du dossier putsch indiquent que cela peut être vrai car il avait des atomes crochus avec certains chefs militaires du RSP.

Les premiers mots de Blaise Compaoré depuis Abidjan sur son appréciation de l’insurrection ont porté sur la trahison. Il faut continuer de creuser ce mot ‘’trahison’’ pour savoir à qui s’adressait Blaise Compaoré.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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