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Production et commercialisation saisonnière de la tomate: une filière riche à mieux encadrer

Les mois de novembre à février sont les moments de récolte de la tomate au Burkina Faso. Durant cette période, nous observons un ballet incessant de camions traversant tout le territoire national jusqu’au bord des jardins à la recherche de ce produit. Cela n’est pas sans causer, très souvent, de nombreux accidents. La production de tomate profiterait plus au peuple burkinabè si elle était mieux encadrée.

Des camions chargés de tomates

Le mercredi 17 décembre entre 15 heures et 18 heures, assis au bord de la  route nationale numéro cinq (RN5) reliant le Ghana et le Burkina, nous nous sommes amusé de compter le nombre de véhicules de tomates. Pendant ces trois heures, 72 camions contenant des milliers de caisses de tomates sont passés à vive allure. Et ce n’est même pas la période de pointe qui se situe au petit matin.

Ces camions, en plus des caisses, transportent des femmes, des hommes et souvent des enfants. Ils sont perchés au sommet des cargaisons. A la merci du froid, du vent et autres intempéries, ces commerçants sont victimes régulièrement d’accidents mortels avec un nombre souvent élevé de victimes.

Ces importateurs de tomates du Burkina vers le Ghana arrivent à la frontière avec des camions presque vides. Il n’y a seulement que le chauffeur et son convoyeur. A l’entrée du Burkina, notamment à Dakola, ils recrutent des hommes et des femmes qu’ils paient entre 30.000 ou 40.000 francs. La majorité de ceux-ci est burkinabè.

Une belle production dont la commercialisation doit être encadrée

Ces chauffeurs passent quotidiennement avec des vies humaines perchées sur des camions de tomates traversant le pays du sud au nord, de Dakola à Titao, Ouahigouya, Koudougou, etc.. L’Etat gagnerait à mettre en place des unités industrielles qui transformeraient la tomate. Ou, à tout le moins, de la conserver. Car ces grossistes fournissent des unités de transformation au Ghana. Cela créerait des emplois stables pour la jeunesse et permettra aussi de mieux contrôler la vente de ces légumes car les producteurs sont souvent ‘’expropriés’’ par ces exportateurs-acheteurs venant de l’étranger.

Selon nos informations, une caisse de tomates coûte entre 10.000 et 60.000 F selon la taille et la qualité. Lorsqu’il y a surproduction, la tomate est bradée avec regrets pour éviter qu’elle pourrisse.

Le programme présidentiel ne doit pas occulter ces aspects sociaux et économiques, surtout en cette période de changement climatique avec une saison pluvieuse ne dépassant pas trois mois.

Jean AOUE

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